Le premier lauréat du prix Lise-Manchester est le professeur Stephen E. Fienberg. Ce prix à la mémoire de feu Lise Manchester rappelle l’intérêt marqué qu’elle portait à l’étude de sujets de société au moyen de méthodes statistiques. Ce nouveau prix bisannuel témoigne de l’excellence de travaux de recherche de pointe en statistique portant sur des problèmes d’intérêt public et susceptibles d’influencer les politiques gouvernementales canadiennes.
Le prix a été décerné à Stephen Fienberg pour son article intitulé « Privacy and Confidentiality in an e-Commerce World: Data Mining, Data Warehousing, Matching and Disclosure Limitation » paru en 2006 dans la revue Statistical Science. L’article traite des défis que pose la protection de la vie privée dans un contexte où des renseignements personnels sont stockés dans un nombre croissant de bases de données accessibles en ligne. Cette situation pose de nombreux défis méthodologiques du point de vue statistique. Dans ses travaux, Stephen Fienberg s’intéresse à la mesure dans laquelle on peut exercer de telles activités sans compromettre l’engagement de confidentialité pris par les différents gestionnaires de bases de données. Ses travaux auront sans doute une influence considérable sur la gestion et l’analyse de grandes bases de données en ligne.
Stephen Fienberg est originaire de Toronto. Il a fait ses études de premier cycle à l’Université de Toronto et a complété un doctorat en 1968 à l’Université Harvard. Titulaire de la chaire Maurice Faulk en statistique et en sciences sociales à l’Université Carnegie Mellon, il partage son temps entre le Département de statistique, le Département d’apprentissage automatique et Cylab. Au fil des ans, il a été doyen de la Faculté de sciences humaines et sociales à Carnegie Mellon et vicerecteur aux études à l’Université York, en plus d’avoir occupé des postes à l’Université de Chicago et à l’Université du Minnesota. Il est membre de l’Académie américaine des sciences, de la Société royale du Canada et de l’Académie américaine des sciences sociales et politiques. Il est aussi compagnon de l’Association américaine pour l’avancement des sciences, de l’Association des statisticiens américains et de l’Institut de statistique mathématique. En 1982, il a reçu le prix COPSS attribué par les présidents de sociétés statistiques au meilleur statisticien de moins de 40 ans ; en 2002, l’Association des statisticiens américains a également souligné ses réalisations professionnelles en lui décernant le prix Samuel S. Wilks.