Jerry Lawless est professeur émérite au Département de statistique et d’actuariat de la University of Waterloo. Il est né le 5 août 1944 à Pembroke (Ontario). Fils d’enseignants et petit-fils d’agriculteurs du sud de l’Ontario, il a fait ses études primaires et secondaires à Kirkland Lake, où son frère Andy et lui consacraient leurs loisirs au sport. Jerry a longtemps songé à faire carrière au hockey. Il a joué pour les Petes de Peterborough, club de hockey junior majeur, à la fin de sa première année d’études à la University of Waterloo et a ensuite été capitaine des Warriors de Waterloo de 1964 à 1966. Par bonheur pour nous, il a préféré se vouer à la statistique après avoir terminé ses études de 1er cycle en sciences en 1966. Il a fait ses études supérieures à Waterloo, complétant sa maîtrise en 1967 et son doctorat en 1969. Sa thèse, réalisée sous la direction de Ronald Mullin, portait sur les schémas combinatoires.
Après un stage d’un an à Édimbourg à titre de boursier postdoctoral du Conseil national de recherches, Jerry s’est joint au Département de statistique de la University of Manitoba en 1970. Deux ans plus tard, il est retourné à Waterloo, où il a été agrégé en 1973 et promu titulaire en 1980. Il a vécu à Waterloo jusqu’à sa retraite, sauf lors de sabbatiques à la University of Reading, à University College et Imperial College de Londres, et à la University of Auckland. Au sein de son département, il a été responsable des études supérieures de 1973 à 1977 et directeur de 1979 à 1984. À deux reprises, il a aussi été directeur intérimaire pendant un an. De 1994 à 2004, il a été titulaire d’une chaire de recherche industrielle en qualité et en productivité financée par General Motors du Canada et le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie (CRSNG).
Les intérêts de Jerry sont variés ; ils vont de la théorie de la fiabilité à l’analyse des durées et parcours de vie, en passant par l’épidémiologie, la biostatistique, l’analyse de données incomplètes et les méthodes pour les systèmes et les processus. À ce jour, il compte près de 130 articles de recherche, une douzaine de chapitres de livres et autant de commentaires invités et d’articles dans des actes de congrès. Il a publié dans des revues prestigieuses et ses travaux ont été très influents et largement cités.
Jerry est sans doute mieux connu du public pour son livre Statistical Models and Methods for Lifetime Data, publié en 1982 et réédité en 2003. En 2007, il a signé avec Richard Cook un autre ouvrage intitulé The Statistical Analysis of Recurrent Events. L’an dernier, Jerry a aussi fait preuve de beaucoup d’initiative et de clairvoyance en dirigeant de main de maître la publication du livre Statistics in Action: A Canadian Outlook commandé par le SSC pour célébrer l’Année mondiale de la statistique. Il en a fait un instrument de vulgarisation de la discipline, tout en mettant en valeur d’importantes innovations canadiennes dans le domaine.
L’influence de Jerry à titre de mentor est également largement reconnue. Il a encadré trois étudiants de maîtrise, 25 doctorants et plusieurs stagiaires postdoctoraux. Ils connaissent tous beaucoup de succès au sein des milieux gouvernemental, industriel et universitaire au Canada, aux États-Unis, au Royaume-Uni et à Hong Kong. Trois de ses doctorants ont remporté le prix Pierre-Robillard (Joan Hu, Jing Qin, Richard Shillington). Jerry dirige actuellement deux doctorants à Waterloo et un à la University of Toronto, où il est professeur associé à la Dalla Lana School of Public Health.
Au fil des ans, Jerry s’est aussi distingué par son dévouement envers la communauté statistique canadienne et internationale. Il a notamment été président de la SSC (1993–94), rédacteur en chef de Technometrics (1984–86), corédacteur en chef de Lifetime Data Analysis (1999–2002), membre du Comité consultatif de Statistique Canada en matière de méthodologie (1997–2006), ainsi que président de groupe et membre d’un comité de sélection des subventions au CRSNG (1998–99).
Les réalisations professionnelles de Jerry lui ont valu la médaille d’or de la SSC pour la recherche en 1999. Il est membre de la Société royale du Canada depuis 2000, compagnon de l’Association des statisticiens américains depuis 1983 et compagnon de l’Institut de statistique mathématique depuis 1990. Il a reçu des prix pour trois de ses articles : le prix Youden en 1979, le prix Wilcoxon en 1999 et, la même année, le prix du meilleur article dans La revue canadienne de statistique. La Société américaine pour la qualité lui a également décerné la médaille Shewhart en 2012.
Jerry vit maintenant à Toronto avec sa conjointe, Liz. Ils ont trois filles, Jill, Kim et Sarah, ainsi que quatre petits-enfants. En dehors de la statistique et de la science, Jerry s’intéresse aux sports, au cinéma, à la musique et à la lecture, ainsi qu’aux arts en général. Il adore jouer avec ses petits-enfants et suit de près la carrière de ses filles en journalisme, à la télévision et dans la conception Web.
Le certificat qui accompagne le prix se lit comme suit :
« À Jerald F. Lawless, pour ses contributions remarquables à l’élaboration de méthodes statistiques pour la recherche scientifique, industrielle et en santé publique, notamment en analyse de survie et en analyse du parcours de vie ; pour son engagement exceptionnel à titre de formateur et de mentor ; et pour son grand dévouement envers la communauté statistique canadienne et la profession. »
Médaille d'or de la SSC
La Médaille d'or de la SSC est décernée à Jiahua Chen

Le récipiendaire de la médaille d’or de la Société statistique du Canada pour 2014 est le professeurJiahua Chen. La médaille d’or est octroyée à une personne qui a contribué de façon remarquable à la statistique ou à la théorie des probabilités grâce à des développements mathématiques ou à des applications.
Le professeur Jiahua Chen est titulaire d’une chaire de recherche du Canada de niveau I au Département de statistique de la University of British Columbia. Jiahua est né en Chine, où la Révolution culturelle l’a empêché de recevoir une éducation élémentaire ordinaire et de compléter ses études secondaires. Au lieu de cela, il a travaillé à plein temps pendant trois ans sur des chantiers de construction au lieu d’aller à l’école. En dépit de cela, il a fini par être admis à l’Université de science et de technologie de Chine à Hefei, décrochant un diplôme de premier cycle en mathématiques en 1982, puis une maîtrise en statistique de l’Academia Sinica de Beijing en 1985. Il a complété son doctorat sous la direction du professeur C. F. Jeff Wu à l’Université du Wisconsin en 1990 et a travaillé comme boursier postdoctoral sous la supervision du professeur Jack Kalbfleisch. En 1991, il a rejoint la University of Waterloo à titre de professeur adjoint et a été promu professeur agrégé en 1996, puis professeur en 2001. En 2007, il a obtenu sa chaire de recherche à la University of British Columbia.
Jiahua a contribué de manière exceptionnelle à la recherche en statistique dans de nombreux domaines, dont la planification d’expérience, l’échantillonnage, la vraisemblance empirique, les modèles de mélange fini et les applications en génétique. Par ailleurs, il a exceptionnellement bien servi les communautés statistiques canadienne et internationale, notamment en tant que rédacteur en chef de La revue canadienne de statistique et président de l’International Chinese Statistical Association. Il possède une feuille de route impressionnante en tant qu’éducateur, ayant supervisé de nombreux étudiants au doctorat et à la maîtrise; bon nombre de ses anciens étudiants sont aujourd’hui des chercheurs et enseignants actifs dans des universités canadiennes ou étrangères.
Dans sa thèse doctorale, Jiahua a utilisé des représentations matricielles d’Hadamard pour identifier des isomorphismes dans les plans factoriels fractionnaires à deux niveaux et développer une méthode systématique pour obtenir des plans optimaux. Les articles résultant de cette thèse et publiés dans les Annals of Statistics ont fait l’objet de nombreuses citations. Ces recherches ont été étendues à divers domaines ces dernières années; elles ont produit d’excellents résultats dans des domaines de pointe.
L’échantillonnage est un autre de ses domaines d’expertise. Ses travaux sur l’imputation par voisin le plus proche pour la non-réponse dans les données de sondage ont été très largement cités. Dans deux articles corédigés avec Jun Shao, en particulier, il aborde le vieux problème de l’évaluation de l’exactitude des estimés; les auteurs mettent au point une théorie cohérente et établissent la validité théorique des méthodes en jeu. Ces travaux sont largement reconnus par les spécialistes des techniques d’échantillonnage et ont été identifiés comme d’importance fondamentale par W. Fuller lors de la conférence internationale sur les récents progrès en échantillonnage de sondage de 2002. Jihua a également joué un rôle très important dans la théorie et l’application de la vraisemblance empirique. Ses travaux avec Jing Qin et d’autres ont permis de développer la vraisemblance empirique dans un contexte de populations finies. Son article fondamental paru en 1993 dans Biometrika est largement cité et constitue le fondement de nombreux travaux ultérieurs. Tout comme d’autres, Jiahua continue à en explorer les conséquences et les extensions. Il a d’ailleurs publié un article important sur les intervalles de confiance non paramétriques dans La revue canadienne de statistique (Chen, Chen et Rao, 2003).
Jiahua a également largement contribué à la littérature sur les modèles de mélange. Son article original paru en 1995 dans les Annals of Statistics sur les taux de convergence optimaux pour l’estimation des modèles de mélange est largement cité. Depuis, il a étudié la distribution limite du rapport des vraisemblances dans divers cadres, puis généralisé et raffiné de nombreux résultats publiés. Plus récemment, il explore et met au point des méthodes permettant de tester l’ordre d’un mélange. De tels problèmes se posent naturellement en génétique statistique et les spécialistes de cette discipline s’y intéressent de très près. Ses travaux sur la distribution asymptotique du rapport des vraisemblances pour tester l’homogénéité par opposition à un mélange normal à deux composants avec une variance commune est un tour de force qui produit un résultat intéressant et inhabituel. Les résultats asymptotiques des rapports des vraisemblances sont généralement très compliqués; Jiahua et ses coauteurs ont développé l’idée de méthodes de vraisemblance modifiées ou pénalisées. Cette approche restitue au problème un degré de régularité et conduit à des résultats asymptotiques relativement plus simples et à des procédures faciles à mettre en œuvre. Ces travaux ont conduit à plusieurs articles dans La revue canadienne de statistique (Chen, 1998), le Journal of the Royal Statistical Society, Journal of the Royal Statistical Society: Series B (Statistical Methodology) (Chen, Chen et Kalbfleisch, 2001, 2004), Statistica Sinica (Chen et Chen, 2003; Fu, Chen et Kalbfleisch, 2009), ainsi que dans leJournal of Statistical Planning and Inference (Chen et Kalbfleisch, 2005).
Plus récemment, Jiahua a concentré ses énergies sur les domaines de recherche généraux de sa Chaire de recherche du Canada, à savoir l’application des modèles de mélange fini à la génétique statistique. Il a poursuivi ses travaux sur l’estimation de l’ordre d’un modèle de mélange fini dans plusieurs excellents articles, récemment publiés dans les Annals of Statistics (Chen et Li, 2009) et le Journal of the American Statistical Association (Li et Chen, 2010; Chen, Li et Fu, 2012). Par ailleurs, son article dans Biometrika (Chen et Chen, 2008) contribue de façon importante à généraliser le critère d’information bayésien aux problèmes de grandes dimensions si communs dans les applications à haut débit en génétique et dans d’autres domaines. Cet article a déjà fait l’objet de nombreuses citations. Jaihua a aussi continué ses recherches sur la vraisemblance empirique, présentant d’importants résultats qui étendent la méthode aux problèmes avec contraintes.
Les contributions de Jiahua ont été reconnues à maintes reprises. Il est membre élu de l’Institut de statistique mathématique (2005) et membre élu de l’American Statistical Association (2009). En 2005, il s’est également vu remettre le prix CRM-SSC pour ses réalisations exceptionnelles en sciences statistiques. En 2007, il a obtenu une chaire de recherche du Canada de niveau I, qui vient d’être renouvelée. En outre, il a remporté des prix de recherche de la University of Waterloo et de la University of British Columbia.
La citation pour le prix se lit comme suit :
« À Jiahua Chen, pour ses contributions fondamentales àla théorie de la statistique, notamment à la planification d’expérience, à l’échantillonnage, à la vraisemblance empirique, aux modèles de mélange fini et à la statistique génétique; pour les services rendus à la profession statistique par son travail éditorial et son leadership dans diverses sociétés statistiques; et pour son rôle de mentor et de conseiller auprès de nombreux étudiants et collègues. »
Prix pour services insignes
Le Prix pour services insignes de la SSC est décerné à Mary Thompson

La professeure Mary Thompson est la récipiendaire du prix pour services insignes2014 de la Société statistique du Canada. Ce prix honore une personne qui a joué un rôle substantiel pour promouvoir la croissance et le succès de la communauté des sciences statistiques canadiennes par son leadership au sein de la SSC. Les nombreuses années de leadership dynamique et efficace de Mary Thompson ont grandement profité à notre société et ce prix constitue une reconnaissance judicieuse de son engagement à l’égard de notre discipline et de notre profession.
Mary est titulaire d’un baccalauréat en mathématiques de la University of Toronto, ainsi que d’une maîtrise et d’un doctorat de la University of Illinois. Après avoir complété ses études, Mary a obtenu un poste à la University of Waterloo où elle a passé le reste de sa carrière. Elle est actuellement professeure émérite distinguée au Département de statistique et d’actuariat.
Elle s’est intéressée tour à tour au développement de la théorie de la fonction d’estimation, aux fondements des méthodes d’enquête, à la probabilité appliquée et à la biostatistique, et ses contributions ont eu une grande influence. Outre l’avancement de la théorie et des méthodes statistiques, Mary considère qu’il est essentiel que les enjeux sociaux importants soient abordés par le biais de la politique publique et de la recherche en santé. Elle continue à jouer un rôle important dans le projet « International Tobacco Control », une étude longitudinale mondiale qui examine les effets de la politique gouvernementale sur le tabagisme dans plus de 20 pays. En 2010, Mary et ses collaborateurs Geoffrey Fong et David Hammond ont été parmi les premiers à recevoir un prix pour les plus grandes réalisations au Canada dans la recherche en santé de la part des Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) et du Journal de l’Association médicale canadienne. Elle est la récipiendaire de la médaille d’or de la SSC (2003), membre élue de l’American Statistical Association (1985), de l’Institut de statistique mathématique (1998) et de la Société royale du Canada (2006).
Mary a fait preuve d’un leadership exceptionnel à la University of Waterloo, où elle a occupé le poste de directrice du Département de statistique et d’actuariat (1996-2000), de doyenne associée (1988-91) et de doyenne intérimaire (2001). Elle a participé activement à la création du centre de recherche par enquêtes de la University of Waterloo, qu’elle a codirigé de 1999 à 2013. Elle a supervisé plus de 25 étudiants au doctorat et de nombreux étudiants en maîtrise; en 2007 l’université lui a décerné son prix d’excellence en supervision d’étudiants gradués.
Au sein de la Société statistique du Canada, Mary a siégé au comité des finances (1987-89), au comité des prix (1989-92), au comité de rédaction de La revue canadienne de statistique (1992-95), ainsi qu’au comité de la recherche (1993-2000). Elle a occupé le poste de trésorière (1985-87), de présidente du groupe des méthodes d’enquête (1993-94) et de présidente de la SSC (2003-04). Mary a également siégé au comité de sélection des subventions en sciences statistiques du CRSNG (1992-95; présidente 1994-95) et au comité directeur pour le processus de redistribution du CRSNG (1996-98).
Tout au long de sa carrière, Mary s’est engagée pour l’équité et la diversité à l’université, siégeant ou présidant des comités consultatifs à la University of Waterloo tels le comité des femmes en mathématiques (1975-77, 1993-95) et le comité de recrutement des femmes (2002), ainsi que le comité des femmes en statistique (1977, 1981-84) de l’American Statistical Association. En 2010 elle s’est vue décerner le prix Elizabeth L. Scott du COPSS en reconnaissance de ses efforts pour promouvoir les carrières des femmes dans le monde universitaire.
Plus récemment, son leadership avisé et efficace en tant que présidente du comité de développement d’un institut canadien de statistique (CDICS) a été essentiel dans la création d’un cadre pour une initiative majeure recommandée dans le plan à long terme pour les sciences mathématiques et statistiques du CRSNG, projet cofinancé par l’Institut Fields, le Pacific Institute for Mathematical Sciences et le Centre de recherches mathématiques. Ces fonds ont aidé à renforcer la position des sciences statistiques au Canada en créant l’Institut canadien des sciences statistiques (INCASS), un institut national chargé de faire progresser la recherche en sciences statistiques et de promouvoir la discipline. Mary est la directrice scientifique de l’Institut depuis sa fondation en 2012.
Le leadership revêt de nombreuses formes : les exemples précédents sont l’illustration concrète de mesures traditionnelles. De surcroît, toutefois, Mary dirige par l’exemple, administratrice posée et réfléchie, chercheure dévouée et influente, mentor talentueuse et solidaire. Elle est un modèle exceptionnel dans toutes les facettes de sa carrière et nous sommes très chanceux d’avoir profité toutes ces années de son leadership au sein de la communauté et de la Société statistique du Canada.
La citation pour le prix se lit comme suit :
« À Mary Thompson, pour ses importantes contributions à la SSC et à la communauté statistique canadienne, notamment comme présidente et trésorière de la SSC, présidente du Groupe des méthodes d’enquête de la SSC, directrice scientifique fondatrice de l’INCASS, présidente du Comité de développement d’un institut canadien de statistique, présidente du comité de sélection des subventions en sciences statistiques du CRSNG, membre du Comité consultatif de Statistique Canada en matière de méthodologie, membre des comités de rédaction de la RCS et de Liaison, ainsi que pour une carrière de leadership et d’innovation en recherche et formation statistiques. »
Lauréate du prix Pierre-Robillard
Le Prix Pierre-Robillard en statistique est décerné à Liqun Diao

Liqun Diao est la récipiendaire du prix Pierre-Robillard 2013 de la Société statistique du Canada. Ce prix décore la meilleure thèse doctorale en probabilité ou en statistique soutenue dans une université canadienne au cours de l’année.
La thèse de Liqun s’intitule : « Copula Models for Multi-type Life History Processes ».Elle a été rédigée à la University of Waterloo sous la direction de Richard Cook.
Les travaux doctoraux de Liqun portent sur la modélisation et l’analyse de processus de cycles de vie à multiples facettes. Liqun a mis au point des modèles statistiques novateurs aux propriétés marginales intéressantes et dont la paramétrisation de l’association est utile. Elle s’est attaquée à divers problèmes statistiques en analyse du cycle de vie : les processus ponctuels marqués, les processus multi-états multiples et les données de survie bivariées avec des observations censurées à droite ou de statut actuel. Les techniques employées pour traiter les structures de dépendance complexes présentent un thème commun puisque la décomposition des densités multivariées et la modélisation de la structure de dépendance sont effectuées à l’aide de copules. L’estimation robuste et les erreurs de spécification du modèle constituent également un thème sous-jacent de ces recherches.
Liqun est née à Jilin en Chine. Elle a obtenu son baccalauréat en économie en statistique de l’Université Renmin de Chine en 2007. Après avoir complété une maitrise en mathématique, option statistique – biostatistique à la University of Waterloo en 2009, Liqun a poursuivi ses études au même endroit jusqu’à la soutenance de sa thèse doctorale en août 2013. Liqun travaille maintenant comme associée postdoctorale au Département de biostatistique et de bioinformatique de la University of Rochester. Ses travaux postdoctoraux visent à mettre au point de nouvelles méthodes statistiques permettant de construire, sélectionner et évaluer des indices de risque cliniquement pertinents à l’aide de méthodes récursives de partitionnement et d’autres techniques tirées de l’apprentissage machine.
Parmi les critères de sélection du Prix Pierre-Robillard, retenons l’originalité des idées et des techniques, les applications possibles et leur traitement, ainsi que l’impact potentiel du travail. Le prix honore la mémoire du professeur Pierre Robillard, un remarquable jeune statisticien à l’Université de Montréal dont la mort prématurée en 1975 a coupé court à ce qui promettait d’être une carrière exceptionnelle.
Liqun Diao présentera les résultats de sa thèse lors d’une séance spéciale dans le cadre du 42e congrès annuel de la Société statistique du Canada à Toronto, Ontario, du 25 au 28 mai 2014.
Prix CRM-SSC en statistique
Le Prix CRM-SSC en statistique est décerné à Fang Yao
Le prix CRM-SSC en statistique est décerné chaque année par le Centre de recherches mathématiques (Montréal) et la Société statistique du Canada pour saluer les réalisations professionnelles d’un chercheur en statistique qui a obtenu son doctorat depuis moins de quinze ans. Cette année, le récipiendaire est Fang Yao de la University of Toronto.
Fang Yao a effectué ses contributions les plus importantes à la recherche depuis son arrivée à la University of Toronto en 2006; il s’agit de travaux précurseurs d’une grande élégance.
Fang a obtenu son baccalauréat de l’Université de Science et de technologie en Chine. Il a été ensuite accepté à la University of California, Davis, où il a complété une maitrise et un doctorat en l’espace de trois ans, rédigeant sa thèse doctorale sous la codirection de Hans-Georg Müller et Jane-Ling Wang. Sa thèse était novatrice, combinant une méthodologie avancée avec un type de données essentiel pour établir la causalité. Après avoir complété son doctorat en 2003, Fang a rejoint le Département de statistique de la Colorado State University. Le Département de sciences statistiques de la University of Toronto a recruté Fang en 2006; il a été promu au rang de professeur agrégé permanent en 2008. Pendant sa première année sabbatique, Fang a été invité à titre de chercheur au Statistical and Applied Mathematical Sciences Instituteen Caroline du Nord, où il a prononcé le discours d’ouverture d’un programme thématique et dirigé l’un des groupes de travail pendant le trimestre d’automne. Il a terminé son congé sabbatique à la University of British Columbia, où il a créé un nouveau cours de cycle supérieur, Topics in Smoothing: Functional Data Analysis.
Fang est un expert de l’analyse de données fonctionnelles (ADF), domaine relativement nouveau de la science statistique qui considère les données comme un ensemble de fonctions. Ses contributions à l’ADF ont été fondamentales. Son programme de recherche, très ambitieux et d’une grande envergure, continue de poser les bases de l’ADF en créant des modèles interprétables avec des structures de corrélation complexes qui améliorent l’efficacité des techniques d’inférence. Les méthodes qu’il met au point sont utiles à la fois pour les problèmes de représentation et de régression; elles sont accessibles via son logiciel gratuit, PACE, qui a permis d’accroître nettement l’impact de sa recherche en statistique et dans les autres domaines. Fang est un statisticien hors pair qui possède un sens profond des techniques mathématiques les plus rigoureuses, de vastes connaissances en statistique et la capacité à appliquer les deux à des problèmes fondamentaux.
Fang Yao est l’auteur de 30 publications examinées par des pairs qui sont très souvent citées. Sa subvention à la découverte du CRSNG a substantiellement augmenté et il a décroché un supplément d’accélération à la découverte. Fang a contribué de manière remarquable à la profession, notamment en aidant à faire avancer la recherche par sa participation à l’organisation d’ateliers, de conférences et de programmes, et par son rôle d’évaluateur de travaux scientifiques. Fang est rédacteur en chef adjoint de huit revues, dont le Journal of the American Statistical Association, les Annals of Statistics et La revue canadienne de statistique.
Fang et sa femme Helen ont été ravis d’accueillir leur premier enfant, Alexander, à l’été 2013. Fang aime les activités de plein air (ski, randonnée, escalade), un héritage des années passées au Colorado et en Californie. Il aime également jouer au poker avec ses amis ou lors de tournois locaux.
Fang Yao présentera un aperçu de ses travaux lors d’une séance spéciale dans le cadre du 42e congrès annuel de la Société statistique du Canada à Toronto, Ontario, du 25 au 28 mai 2014.
La citation pour le prix se lit comme suit :
« À Fang Yao, pour l'influence de sa recherche fondamentale qui a tracé la voie dans le domaine de l'analyse de données fonctionnelles; pour l'exploration fructueuse de la relation entre les données fonctionnelles et les données longitudinales, et pour avoir démontré que les outils des domaines plus traditionnels de la statistique non paramétrique peuvent être utilisés avec succès en analyse des données fonctionnelles. »
Lauréat du prix de La revue canadienne de statistique
Le Prix de La revue canadienne de statistique est décerné à Art Owen
Le prix de La revue canadienne de statistique est présenté chaque année par la Société statistique du Canada à l’auteur / aux auteurs d’un article publié dans la Revue, en reconnaissance de la qualité exceptionnelle de l’innovation méthodologique et de la présentation de l’article. L’article primé cette année s’intitule « Self-concordance for empirical likelihood » (Volume 41, no. 3, pp. 387-397) par Art B. Owen.
La vraisemblance empirique offre des régions et des tests de confiance basés sur la vraisemblance qui n’exigent pas que l’utilisateur connaisse la famille paramétrique ayant généré les données. Le calcul de la fonction des rapports de vraisemblance empiriques de la moyenne se réduit à une optimisation convexe. Cet article reformule l’optimisation de la vraisemblance empirique comme la minimisation d’une fonction convexe auto-concordante. L’auto-concordance offre une garantie mathématique de convergence pour les itérations de Newton avec retour sur trace.
Art Owen est professeur de statistique à la Stanford University. Il est titulaire d’un baccalauréat en mathématiques de la University of Waterloo et un doctorat en statistique de la Stanford University. Il s’intéresse à la mesure de l’incertitude pour des données avec un minimum d’hypothèses. Il s’agit notamment de la méthode de vraisemblance empirique, qui permet des inférences de la vraisemblance sans que le modèle ne doive être de forme paramétrique. Il a également travaillé sur les simulations de quasi-Monte Carlo randomisées qui atteignent un taux d’erreur proche de n-3/2 pour l’intégration de fonctions multidimensionnelles lisses tout en permettant des estimations d’erreurs dépendant de l’échantillon.
L’article primé sera présenté par le professeur Owen lors du congrès annuel de la Société statistique du Canada à Toronto, Ontario, du 25 au 28 mai.
Lauréats du prix Lise-Manchester
Le Prix Lise-Manchester est décerné à Anges Herzberg

La professeure Agnes Herzberg est la récipiendaire du prix Lise Manchester2014. Ce prix bisannuel est décerné par la Société statistique du Canada pour commémorer le constant intérêt de feue Lise Manchester à l’égard de l’utilisation de méthodes statistiques en vue d’offrir une perspective sur des questions pertinentes pour la société. Le prix salue l’excellence dans la recherche statistique qui porte sur des questions d’intérêt public et qui peut s’avérer utile à l’élaboration de la politique publique canadienne.
La professeure Agnes Herzberg a obtenu son doctorat de la University of Saskatchewan. Elle a débuté sa carrière au Département de mathématiques de l’Imperial College of Science and Technology de Londres avant de la poursuivre au Département de mathématiques et de statistique de la Queen’s University, où Agnes est aujourd’hui professeure émérite. La professeure Herzberg possède un prestigieux dossier de recherche dans les domaines de la planification d’expériences et de la statistique appliquée. Dans les années 1960 et 1970, elle a été l’une des pionnières de la recherche sur la création de plans de surfaces de réponse rotatifs. Elle a également largement contribué à la théorie de la planification d’expériences optimales. Depuis vingt ans, Agnes a contribué de manière exceptionnelle à des domaines méthodologiques tels que la sélection de modèles, la conception robuste et la planification d’essais médicaux, ainsi qu’à l’application de la statistique en politique publique.
En 1999, Agnes Herzberg s’est vue décerner le prix pour services insignes de la SSC en reconnaissance de l’excellence de ses contributions à la Société et au développement des sciences statistiques au Canada, ainsi que la médaille de service Henri Willem Methorst de l’Institut international de statistique. Elle a présidé la SSC en 1991-1992 et a été élue à la Société royale du Canada en 2008. Elle a également été nommée membre honoraire de la SSC en 2007. Elle a occupé des postes dans diverses sociétés statistiques et détenu des responsabilités éditoriales dans plusieurs revues de haut niveau. En tant que présidente de la SSC, elle a inauguré une série de séances sur la science et la statistique, invitant à ces rencontres annuelles d’éminents scientifiques, spécialistes des sciences sociales et journalistes.
Depuis 19 ans, Agnes Herzberg organise la conférence annuelle « Statistique, science et politique publique » dans le cadre de laquelle un groupe de scientifiques, décideurs politiques, journalistes, responsables d’organismes de régulation et autres participants triés sur le volet se réunissent pour discuter de thèmes qui couvrent la science, la politique publique, l’éducation, les risques, l’éthique, la santé, la mondialisation et la démocratie. Elle est responsable de l’édition et de la publication des actes de ces 19 conférences qui visent à éclairer la politique publique.
En raison de sa vision, de son courage et de son travail acharné, elle a apporté une contribution unique et décisive par ces conférences et leurs publications.
La citation pour le prix se lit comme suit :
« À Agnes Herzberg, pour avoir su, chaque année depuis 1996, rassembler statisticiens, scientifiques, politiciens et fonctionnaires du Canada et du monde entier pour aborder des problèmes au carrefour de la statistique, de la science et de la politique publique, lors des conférences « Statistique, science et politique publique » axées sur la création d’un réseau d’experts prêts à discuter des défis courants et émergents sur des sujets d’intérêt particulier et à améliorer la politique publique afin d’y faire face. »
Prix pour impact de la SSC
Le Prix pour impact de la SSC est décerné à John Petkau

John est né en 1950 à Carman, Manitoba et a grandi à la ferme près de la petite ville d’Elm Creek, à environ 70 kilomètres à l’ouest de Winnipeg. Enfant, c’est sa grande sœur qui lui apprend l’anglais avant qu’il ne commence l’école à Wingham Elementary. Il continue ses études aux écoles élémentaire et secondaire d’Elm Creek, finissant comme l’un de trois garçons dans une classe de douze élèves.
John a entamé son éducation universitaire à la University of Manitoba. Alors qu’il s’interroge sur les cours de sciences à choisir en première année, son futur beau-frère lui suggère de s’inscrire dans un cours de deuxième année d’introduction à la statistique, lui présentant ainsi une discipline dont il ignorait même l’existence. Pendant son premier cycle axé sur les mathématiques et la statistique, qu’il complète en 1971, il fut stimulé et conseillé par d’excellents instructeurs, dont B. Johnston, B.K. Kale, P. McClure, N.S. Mendelsohn, K. Mount, J.N.K. Rao et R. Wong.
John entreprend ensuite un doctorat en statistique à Stanford, obtenant son diplôme en 1975. Il s’y trouve inspiré par de remarquables professeurs et profite du mentorat de son superviseur, Herman Chernoff, mais aussi d’autres chercheurs dont Lou Gordon, Paul Switzer et Ingram Olkin. Dans sa thèse, John formule le problème de conception d’essais cliniques comme un problème bayésien de décisions séquentielles, utilisant un lien avec les problèmes d’arrêt optimal pour les processus de Wiener et mettant au point des méthodes numériques pour évaluer des solutions approximatives. En début de carrière, ce type de problème l’occupe passablement; il s’intéresse encore aujourd’hui aux approches séquentielles.
John a rejoint le MIT en tant que chargé de cours en 1974, accompagnant Chernoff qui devait établir une présence statistique au sein du Département de mathématiques. Outre l’occasion de continuer à collaborer étroitement avec Chernoff, ces deux années au MIT lui offrent une précieuse expérience dans la création de cours et de programmes.
Lors de son premier congé d’études après avoir rejoint UBC en 1976, John travaille au Département de biostatistique de Harvard en 1981-82. Il y conseille des chercheurs cliniques du Massachusetts General Hospital avec lesquels il collabore. Stimulé par cette expérience, il s’impliquer davantage dans la recherche en collaboration à son retour à UBC. C’est ainsi qu’il rencontre le professeur Don Paty qui venait d’arriver à Vancouver pour diriger la clinique de sclérose en plaques de l’hôpital de UBC. Cette rencontre fortuite l’a conduit à de nombreuses collaborations au fil des ans, à UBC et ailleurs. Elle est le point de départ d’un long fil conducteur de son programme de recherche, celui ayant eu le plus grand impact dans sa carrière.
Les travaux en collaboration de John portant sur la sclérose en plaques (SP) explorent des questions importantes pour cette discipline, les questions de conception, d’exécution et d’analyse en particulier. Les solutions méthodologiques trouvées ont souvent été immédiatement applicables. L’un des thèmes récurrents dans ses travaux est la mise au point d’approches permettant de mieux exploiter les données longitudinales si riches collectées sur les patients atteints de SP. John a contribué en modélisant des données longitudinales avec des modèles de Markov mixtes et cachés, en améliorant les plans d’expériences et en proposant des pratiques statistiques exemplaires à la recherche en SP. Ses travaux ont aidé les chercheurs à identifier des facteurs qui contrecarrent les effets de médicaments très dispendieux, permettant ainsi aux patients atteints de SP d’échanger des médicaments futiles pour d’autres plus efficaces. Dans ses récents travaux avec la chercheure Helen Tremlett, John a contribué à la surprenante étude d’observation qui a montré le manque de preuves sur l’efficacité à long terme des interférons bêta si communément prescrits. Ses travaux sur l’utilisation des résultats d’IRM (imagerie par résonance magnétique) comme substitut potentiel ont eu une grande influence sur les essais cliniques de phase II. Il développe actuellement une nouvelle approche du contrôle de la sécurité pour détecter toute augmentation inhabituelle du nombre de lésions détectées par IRM qui pourrait indiquer un risque accru de détérioration clinique imminente chez un patient. Le respect dont jouit John au sein de la communauté de la sclérose en plaques se voit au nombre de ses collaborations, de ses invitations à des ateliers et congrès spécialisés, et de ses activités au sein de conseils consultatifs et de comités de suivi.
John a également à son actif d’importantes collaborations en épidémiologie environnementale. Il a été l’un des premiers statisticiens à étudier les liens entre la pollution atmosphérique et la santé humaine, notamment les effets des matières particulaires inhalables sur la santé. L’analyse des données longitudinales était compliquée en raison de données manquantes et de problèmes liés au calcul de nombreuses séquences longues. Pour relever ces défis, John a demandé au Statistical and Consulting Research Laboratory (SCARL) de son département de mettre au point un logiciel capable d’appliquer la toute nouvelle méthode des équations d’estimation généralisées. L’activité de John en épidémiologie environnementale a toutefois diminué à mesure qu’il travaillait de plus en plus sur la sclérose en plaques.
John a contribué de diverses manières au Département de statistique de UBC, siégeant notamment comme directeur (1989-1994) et comme conseiller académique auprès du SCARL. Mais surtout, sa vision des sciences statistiques se ressent à travers le Département – chez les professeurs, dans les programmes et dans l’importance du SCARL.
John a également contribué à la discipline statistique à l’échelle nationale. Il a servi la SSC comme représentant régional au Conseil d’administration (1982-84, 2003-05), président du groupe de biostatistique (1996-97), président du comité du prix Pierre-Robillard (1983-84), président du comité scientifique du congrès annuel 1988, président du comité des prix (1990-91) et du comité de la recherche (1999-2002). Il a également présidé le CSS en sciences statistiques du CRSNG en 1989-90 et son comité directeur du processus de redistribution en 2000-02. Il est actuellement le président désigné de la SSC.
On ne saurait conclure une évaluation de l’impact de John sans mentionner son influence sur les jeunes statisticiens – son mentorat et l’exemple qu’il donne en respectant les normes les plus élevées. Son impact sur la méthodologie statistique appliquée a une grande portée car il inculque à ses étudiants l’importance de savoir analyser les données avec respect, en tenant compte de la question d’intérêt scientifique.
John doit beaucoup à ses collègues de UBC pour l’environnement de travail stimulant et accueillant au Département de statistique, à tous ses merveilleux collaborateurs à UBC et ailleurs, ainsi qu’aux nombreux étudiants si remarquables qui ont marqué sa carrière universitaire. Il doit son succès en grande partie à son épouse Barbara, native de Vancouver, qu’il a rencontré sur un terrain de volleyball en 1977. Barbara a toujours été une grande source de soutien et elle également su l’intéresser à diverses activités non universitaires. John aime les voyages, le théâtre, la randonnée, la raquette, la lecture et la détente dans leur chalet de Lummi Island, l’île « tranquille et oubliée » des Îles San Juan.