Membre honoraire de la SSC
Titre de membre honoraire de la SSC décerné à Bovas Abraham

Un des récipiendaires 2013 du titre de Membre honoraire de la Société statistique du Canada est le Professeur Bovas Abraham. Ce titre vise à honorer un individu qui a contribué de manière exceptionnelle au développement des sciences statistiques au Canada et dont les travaux ont eu un impact majeur au pays.
Bovas Abraham est professeur émérite au Département de statistique et d’actuariat de la University of Waterloo. Il est né en juin 1942 dans le Kerala, dans la partie sud de l’Inde ; il a entamé ses études dans le village de Kariamplave, Ranni, où vivent encore ses parents. Il a fréquenté la University of Kerala à l’époque où cet État a installé le premier gouvernement communiste élu au monde. Il a deux frères et une soeur, deux merveilleuses filles, Linzy et Linn, et il vante les talents créatifs de cuisinière et de courtepointe de son épouse Annamma.
Après avoir obtenu un premier diplôme, il a enseigné dans un collège au Kerala et perfectionné ses qualités d’enseignant à Cape Coast, au Ghana, dans un établissement de préparation aux examens d’entrée de la University of London. Le hasard a voulu qu’il se trouve au Ghana lors du coup d’État qui a renversé le gouvernement de Nkrumah. Bovas continue de nier toute implication personnelle. Un plus joli coup s’est produit à cette même époque lorsqu’il a épousé Annamma, en 1967, lors de vacances au Kerala.
Bovas a obtenu sa maîtrise de la University of Guelph (en 1971) et son doctorat (en 1975) de la University of Wisconsin à Madison sous la direction de George Box. Après avoir enseigné deux ans à Dalhousie, il a déménagé à Waterloo. Il y est professeur depuis 1977.
Le professeur Abraham a consacré son énorme talent et ses énergies aux sciences statistiques de multiples façons. Il a été président de la SSC et le président fondateur du Groupe de statistique industrielle et de gestion de la SSC, ainsi que de la Société internationale de statistique industrielle et de gestion. Il a dirigé l’Institut d’amélioration de la qualité et de la productivité de la University of Waterloo pendant près de dix ans. Il participe à la formation d’étudiants de cycle supérieur, à l’enseignement et à l’encadrement d’étudiants à la maîtrise et au doctorat depuis 1977. Il a publié de nombreux articles en analyse de séries chronologiques, en amélioration de la qualité et en gestion, ainsi que sur la mise en oeuvre de procédures statistiques telles la conception d’expériences et le contrôle statistique des procédés ; il est le coauteur des ouvrages populaires Statistical Methods for Forecasting et Introduction to Regression Modeling. Il a également oeuvré en tant qu’éducateur et consultant dans le cadre de diverses applications industrielles de la statistique au Canada, en Amérique latine, en Inde et aux États-Unis.
Bovas est le récipiendaire de nombreuses autres distinctions. Il est notamment compagnon de la Société américaine pour la qualité, compagnon de l’Association des statisticiens américains, fellow de la Royal Statistical Society, et membre élu de l’Institut international de statistique. Il s’est également vu décerner le Prix pour services de l’Institut international de statistique (2007) et le Prix William G. Hunter de la Division de statistique de la Société américaine pour la qualité (2006).
La citation du titre de membre honoraire se lit comme suit :
« À Bovas Abraham, en reconnaissance de ses contributions fondamentales en statistique qui ont permis des avancées dans le domaine des séries chronologiques, des méthodes statistiques d’amélioration de la qualité et de la statistique industrielle, de la diffusion de méthodologie statistique en tant qu’auteur de livres et de ses mandats à titre de Président fondateur du Groupe de statistique industrielle et de gestion et de Président de la Société statistique du Canada. »
Membre honoraire de la SSC
Titre de membre honoraire de la SSC décerné à Chris Field

Un des récipiendaires 2013 du titre de Membre honoraire de la Société statistique du Canada est le Professeur Chris A. Field. Ce titre vise à honorer un individu qui a contribué de manière exceptionnelle au développement des sciences statistiques au Canada et dont les travaux ont eu un impact majeur au pays.
Le professeur Christopher Arnell Field est né pendant un raid aérien il y a sept décennies, à Portsmouth, en Angleterre. Son intérêt pour la statistique s’est développé très tôt lorsque, enfant à Sydney (Nouvelle-Écosse), il a commencé à noter les statistiques de son équipe de baseball préférée, les Dodgers de Brooklyn. Il a obtenu un baccalauréat de Dalhousie en 1964 et un doctorat de la Northwestern University en 1968. Après ses études, il a travaillé comme attaché de recherches à l’Université de Montréal, puis comme boursier postdoctoral à Dalhousie. Il a été nommé professeur adjoint à Dalhousie en 1970 et professeur titulaire en 1983, puis professeur émérite lors de son départ à la retraite en 2005. Il constitue une preuve vivante de l’existence d’un gène de la statistique : son fils Brian a étudié la statistique et son petit-fils Trent compte s’inscrire dans cette même discipline à Waterloo.
Le professeur Field est l’un des statisticiens et éducateurs les plus influents du Canada, un enseignant doué et engagé. Il s’est également voué au service public, ayant servi et dirigé la communauté statistique canadienne avec une extrême compétence, à titre de président du Comité de sélection des subventions en sciences statistiques du CRSNG, de directeur de la statistique à Dalhousie, de directeur fondateur du Service de consultation statistique de l’université et dans divers autres rôles administratifs à Dalhousie dont le département a été largement façonné par son influence. Il a présidé le Nova Scotia Institute of Science et la SSC, présidé le Comité scientifique de deux congrès annuels de la Société et le Comité des arrangements locaux de deux autres.
Il peut se vanter d’un bilan de recherche théorique fondamentale impressionnant, tempéré par une perspective qui a contribué à faire avancer les applications de la discipline, applications qui se mesurent souvent non pas par la complexité des mathématiques sous-jacentes, mais par la mise en évidence de leur simplicité. Il a contribué très tôt et de manière importante à notre compréhension des propriétés des M-estimateurs et a été l’un des pionniers des méthodes d’approximation par point de selle. Son superbe ouvrage corédigé avec Elvezzio Ronchetti, Small Sample Asymptotics, est un classique. Plus récemment, il s’est intéressé à des problèmes de statistique génétique concernant les populations de poissons et de plantes.
En reconnaissance de l’étendue de ses contributions à la discipline, Chris a reçu le prix pour services insignes de la SSC en 2004 et sa médaille d’or en 2006. Il est également compagnon de l’Association des statisticiens américains.
La citation du titre de membre honoraire se lit comme suit :
« À Chris Field, en reconnaissance de ses contributions fondamentales à la théorie statistique dans les domaines de la robustesse et de la théorie asymptotique pour de petits échantillons, ses travaux de recherche interdisciplinaire en biologie, et pour des décennies de service dévoué en consultation statistique et en éducation, incluant des mandats à titre de Président de l’Institut de science de la Nouvelle-Écosse et de Président de la Société statistique du Canada. »
Médaillé d'or de la SSC
Médaille d'or de la SSC décerné à Jeffrey Rosenthal

Le récipiendaire de la Médaille d’or 2013 de la Société statistique du Canada est le professeur Jeffrey Rosenthal. La Médaille d’or est octroyée à une personne qui a contribué de façon remarquable à la statistique ou à la théorie des probabilités grâce à des développements mathématiques ou à des applications.
Examinons le remarquable problème d’existence suivant : Soit un statisticien canadien, comédien à temps partiel, musicien, né un vendredi 13 l’année du centenaire de la confédération canadienne, cité à plusieurs reprises dans le New York Times, ayant figuré dans des publicités pour le chocolat au lait Cadbury, à l’émission télévisée de William Shatner « Weird or What? » et à « The Fifth Estate » sur CBC, et dont le travail quotidien inclut l’obtention de prix en recherche et en enseignement, ainsi que la publication de livres à succès.
Le professeur Jeffrey Rosenthal du Département de statistique de la University of Toronto constitue une preuve vivante de l’existence d’une solution à ce problème et ses remarquables résultats semblent en garantir l’unicité pour des décennies à venir. Né de parents mathématiciens à Scarborough (Ontario), Jeffrey a obtenu un premier diplôme du Woburn Collegiate en 1984, un baccalauréat en mathématiques, en physique et en informatique de la Université of Toronto en 1988, ainsi qu’un doctorat en mathématiques de Harvard sous la direction de Persi Diaconis en 1992.
Depuis 1993, Jeff enseigne au Département de statistique de la University of Toronto. Ses travaux de recherche portent sur la théorie des probabilités, les processus stochastiques et les algorithmes de Monte-Carlo par chaînes de Markov (MCMC), ainsi que leurs applications en statistique et dans d’autres disciplines. Ses recherches ont eu une profonde influence en probabilité et en statistique ; de plus, ses articles et présentations ont largement contribué à sensibiliser le grand public à la théorie des probabilités et à ses applications. Ses contributions à la théorie des chaînes de Markov et à l’analyse de la convergence des algorithmes de type Monte-Carlo par chaînes de Markov sont fondamentales. L’article dans lequel il a énoncé les « conditions de minorisation », publié dans JASA en 1993, continue d’avoir un impact significatif et est largement cité. Les techniques de majoration de la convergence décrites par Jeff dans ses articles de JASA (1993) et des Annals of Statistics (1992) sont communément utilisées par les chercheurs pour démontrer la convergence des algorithmes MCMC. Les intérêts de recherche de Jeff sont extrêmement vastes et ses contributions tout aussi étendues portent notamment sur les échantillonneurs par tranche, les diagnostics de convergence, l’échantillonnage parfait, la conception d’algorithmes MCMC, la régénération et les algorithmes adaptatifs. Les travaux de Jeff sont marqués par le souci de trouver des résultats théoriques utiles, tels que des bornes quantitatives précises, des conditions pour la convergence géométrique, des résultats sur l’échantillonnage parfait, etc.
Jeff a été élu compagnon de l’Institut de statistique mathématique en 2005, a remporté le prix CRM-SSC en 2006 et s’est vu décerner le prestigieux Prix COPSS du Comité des présidents des sociétés statistiques en 2007. Il a été élu membre de la Société royale du Canada en 2012. Son ouvrage de vulgarisation, Struck by Lightning: The Curious World of Probabilities, publié en seize éditions et en dix langues, est devenu un succès de librairie au Canada. Il lui a valu de nombreuses interventions dans les médias et en public. Jeff a également publié deux ouvrages en théorie des probabilités et plus de quatre-vingt-dix articles dans des revues de recherche à comité de lecture.
Jeff a contribué à tous les domaines des probabilités et de la statistique, au Canada et à l’étranger, tant par la profondeur mathématique de ses travaux de recherche en probabilités, que par son intérêt pour les applications et ses efforts pour sensibiliser le public au risque et au rôle des probabilités et de la statistique dans la vie de tous les jours.
La citation pour le prix se lit comme suit :
« À Jeffrey Rosenthal, pour ses travaux novateurs concernant l’analyse probabiliste de la convergence des méthodes de Monte-Carlo par chaînes de Markov, les algorithmes informatiques randomisés et diverses applications interdisciplinaires de la statistique. Pour son excellence en éducation et ses nombreuses contributions à la littératie statistique au Canada et à l’étranger. »
Prix pour services insignes
Prix pour services insignes de la SSC décerné à Nancy Reid

En 2013, la récipiendaire du Prix pour services insignes de la Société statistique du Canada est le professeur Nancy Reid. Le Prix pour services insignes vise à reconnaître des contributions significatives au fonctionnement ou au bien-être de la SSC sur une période de plusieurs années.
Nancy Reid est professeur d’université et titulaire de la Chaire de recherche du Canada en méthodologie statistique à la University of Toronto. Elle détient un BMath de la University of Waterloo avec spécialisation en statistique (1974), une maîtrise en statistique de la University of British Columbia (1976) et un doctorat de Stanford complété sous la direction de R.G. Miller. Nancy est revenue au Canada en 1980 à titre de professeur adjoint à UBC, avant d’être recrutée par la University of Toronto en 1986. Elle a été membre du Comité scientifique du Programme national sur les structures de données complexes, du Centre de recherches mathématiques, de l’Institut Fields de recherche en sciences mathématiques, de l’Institut pacifique pour les sciences mathématiques et de la Station de recherche internationale de Banff. Elle a été directrice du Département de statistique de la University of Toronto. Elle a servi la Société statistique du Canada à divers titres, dont présidente de la Société, présidente du Comité des prix, rédactrice en chef de La revue canadienne de statistique et responsable de l’organisation matérielle du congrès annuel 1983. Elle a également servi les sciences statistiques à titre de présidente de l’Institut de statistique mathématique, vice-présidente de l’Institut international de statistique, membre du Comité de rédaction de The Annals of Statistics, Statistical Science, Biometrika et du Journal of the Royal Statistical Society. Elle assure un service constant à la communauté scientifique par son engagement au sein du CRSNG : au Conseil du CRSNG, comme présidente du Comité de liaison du CRSNG en sciences statistiques et plus récemment en tant que présidente du Comité de direction du Plan à long terme pour les sciences mathématiques et statistiques au Canada.
En 1992 Nancy est devenue la première femme à obtenir le Prix des présidents du COPSS, prix décerné chaque année à un jeune statisticien en reconnaissance de ses contributions exceptionnelles à la profession statistique. En 1995 elle a présenté la première conférence du Prix féminin de la Société mathématique du Canada pour la recherche en mathématiques, connu aujourd’hui sous le nom de Prix Krieger-Nelson. En 2000 elle a été invitée à présenter les conférences Wald lors du congrès annuel de l’Institut de statistique mathématique. En 2003, elle s’est vue décerner une médaille « Alumni Achievement » de la Faculté de mathématiques de la University of Waterloo « pour ses réalisations mondialement reconnues en matière de recherche statistique et pour ses remarquables contributions à la formation universitaire et aux societies professionnelles. » En 2008, elle a reçu le Prix Emanuel et Carol Parzen pour l’innovation statistique du Département de statistique de la University of Texas A&M. En 2009, la Société statistique du Canada lui a décerné sa médaille d’or.
Les recherches de Nancy ont eu une profonde influence sur la théorie statistique, l’inférence par la vraisemblance et la conception d’études. Avec ses collègues, elle a mis au point des méthodes asymptotiques d’ordre supérieur tant aux fins d’application que pour l’étude des aspects théoriques des fondements de l’inférence, et notamment l’interface entre les méthodes bayésiennes et fréquentistes. Elle s’intéresse à plusieurs domaines, dont l’inférence dans les études à grande échelle, l’épidémiologie environnementale et la physique des hautes énergies. En 1987, son article avec Sir David Cox sur les paramètres orthogonaux et l’inférence conditionnelle approximative a été lu devant la Royal Statistical Society. Cette contribution d’une grande importance à la théorie statistique a consacré la « vraisemblance de Cox–Reid », qui demeure aujourd’hui l’une des méthodes standard pour corriger la vraisemblance dans les problèmes complexes. L’article est encore largement cité et a donné lieu à de nombreuses autres recherches par Nancy et d’autres. Elle a également mis au point de nouvelles méthodes permettant d’obtenir une inférence extrêmement précise à partir de la fonction de vraisemblance, dans le cadre d’un programme conjoint de recherches avec le professeur émérite D.A.S. Fraser, O.C. Celles-ci élargissent et développent des idées d’abord promues par Fisher dans les années 1930 et ont conduit à une meilleure compréhension des fondements de l’inférence statistique. Elle a rédigé plus de 80 articles dans des revues en statistique, ainsi que quatre ouvrages, dont The Theory of the Design of Experiments avec Sir David R. Cox (2000) et Applied Asymptotics avec Alessandra Brazzale et Anthony Davison (2007).
Par son remarquable dévouement, sa prodigieuse énergie et sa grande sagesse, Nancy Reid a fait montre d’un appui sans relâche à l’endroit des sciences statistiques au Canada et à l’étranger.
La citation pour le prix se lit comme suit :
« À Nancy Reid, en reconnaissance de ses services extraordinaires envers la Société statistique du Canada et de ses nombreuses contributions à la communauté des statisticiens au Canada et à l’étranger, à tous les niveaux. »
Lauréat du prix Pierre-Robillard
Prix Pierre-Robillard en statistique décerné à Luke Bornn

Luke Bornn est le lauréat 2012 du prix Pierre-Robillard de la Société statistique du Canada. Le prix récompense la meilleure thèse en probabilités ou en statistique soutenue au cours de l’année dans une université canadienne.
La thèse de Luke, intitulée « Modeling Latent Correlation Structures with Application to Agricultural and Environmental Science », a été rédigée à l’Université de la Colombie-Britannique sous la direction conjointe d’Arnaud Doucet et de James V. Zidek. Dans sa thèse, Luke s’est intéressé aux structures de corrélation latentes dans un cadre spatial ou temporel. Il a exploré les représentations latentes de structures de corrélation et l’emploi de modèles graphiques, de déformations spatiales et de représentations spatiales latentes pour la construction de fonctions de corrélation à la fois adaptables et flexibles. Il a notamment mis au point une nouvelle technique de modélisation de champs spatiaux non stationnaires. Cette technique ingénieuse consiste à plonger la surface géographique où ces processus évoluent dans des espaces de dimension supérieure, ce qui permet de simplifier par transformation des patrons complexes au plan physique. Sa méthodologie est illustrée au moyen de nombreuses applications en agriculture et en sciences de l’environnement.
Luke a grandi dans la région de Vancouver. Il a fait ses études supérieures à l’Université de la Colombie-Britannique. Son mémoire a été rédigé sous la direction d’Arnaud Doucet et de Raphael Gottardo ; sa thèse a été encadrée par Arnaud Doucet et James V. Zidek. Au cours de ses études supérieures, Luke a fait des stages de recherche à Los Alamos National Laboratories, à l’Institut de statistique et de mathématiques appliquées (SAMSI) et à l'Université de Bordeaux. Après avoir soutenu sa thèse en juillet 2012, il a déménagé à Cambridge (Massachusetts) avec son épouse Katie et Adelaide, leur fille âgée de six mois ; il est maintenant professeur adjoint au Département de statistique de l’Université Harvard.
Le choix du lauréat du prix Pierre-Robillard tient compte de l’originalité des idées et des techniques employées dans la thèse, de leur intérêt et de leur traitement aux fins d’application, ainsi que de l’impact pressenti des travaux. Le prix honore la mémoire du professeur Pierre Robillard, jeune statisticien d’un dynamisme exceptionnel à l’emploi de l’Université de Montréal, dont la mort tragique en 1975 a coupé court à ce qui promettait d’être une illustre carrière.
Luke Bornn présentera ses travaux de recherche dans le cadre d’une séance spéciale lors du 41e congrès annuel de la Société statistique du Canada, qui se tiendra à Edmonton (Alberta) du 26 au 29 mai 2013.
Prix CRM-SSC en statistique
Le Prix CRM-SSC en statistique est décerné à Derek Bingham

Derek Bingham est né en 1968 à Pointe Claire (Québec). Il a grandi dans la région de Montréal (de Beloeil à Dollard-des-Ormeaux), sauf pour une année à Hawaii. Après un DEC au Champlain College en 1988 et un baccalauréat en mathématiques appliquées à l’Université Concordia en 1991, il a effectué plusieurs stages coopératifs en statistique avant d’entamer des études de maîtrise en statistique à l’Université Carleton lui valant la médaille du Sénat en 1994. Derek a également travaillé à plein temps chez Andersen Consulting de 1993 à 1995. Il a déménagé dans l’Ouest du Canada en 1995 pour poursuivre des études doctorales à la Simon Fraser University (SFU) sous la direction de Randy Sitter. Il a obtenu son doctorat du Département de mathématiques et de statistique de SFU en 1999, tout en obtenant la médaille d’or du Gouverneur général. Après ses études, il a rejoint le Département de statistique de la University of Michigan à titre de professeur adjoint. En 2003, il est revenu au Département de statistique et de science actuarielle de SFU avec une chaire de recherche du Canada de niveau II en statistique industrielle.
Ses travaux de recherche portent notamment sur la conception et l’analyse d’expériences en sciences physiques et en génie. Il a contribué à l’élaboration d’une méthodologie statistique pour la conception et l’analyse d’expériences sur simulateurs informatiques complexes, de plans factoriels fractionnaires pour essais par étapes multiples et de plans de paramètres robustes optimaux permettant de réduire la variation de produits. La majorité de ses recherches ont été réalisées en collaboration avec des chercheurs d’autres disciplines. Ainsi, ses travaux sur les plans factoriels fractionnaires en blocs réduits découlent d’interactions avec des scientifiques des forêts. Ses récents travaux sur les expériences sur ordinateur et la quantification de l’incertitude sont le résultat direct d’une collaboration avec des chercheurs au Los Alamos National Laboratory, au US National Center for Atmospheric Research et au Center for Radiative Shock Hydrodynamics de la University of Michigan. L’un des thèmes récurrents de sa recherche concerne la mise au point de cadres permettant d’évaluer l’incertitude dans les prévisions produites par les modèles mathématiques ou informatiques des processus physiques.
Au cours de sa carrière, Derek a publié plus de quarante articles dans des revues à comité de lecture et autres contributions avec comité de lecture. Ses travaux sont régulièrement publiés dans de prestigieuses revues en statistique et méthodologie expérimentale, dont les Annals of Statistics, le Journal of the American Statistical Association, Biometrika et Technometrics. Il a corédigé un article sur la sélection de variables pour les expériences sur ordinateur qui s’est vue décerner le Prix Jack-Youden 2006 du meilleur article de synthèse publié dans Technometrics. Il a également publié de nombreux articles dans des revues scientifiques et d’ingénierie réputées spécialisées dans l’application des méthodes statistiques de plans d’expériences. Il joue un rôle important dans la communauté statistique au Canada et à l’étranger, notamment à titre de rédacteur adjoint de plusieurs revues et de participant à diverses activités des conseils de recherche et de la SSC, dont le Comité de développement d’un institut canadien de statistique.
Derek Bingham présentera un survol de ses travaux de recherche dans le cadre d’une séance spéciale lors du 41e congrès annuel de la Société statistique du Canada, qui se tiendra à Edmonton (Alberta) du 26 au 29 mai 2013.
La citation est la suivante :
Le Prix CRM-SSC en statistique 2013 est décerné à Derek Bingham, du Département de statistique et de science actuarielle de la Simon Fraser University, pour sa contribution exceptionnelle à la conception et à l’analyse d’expériences en sciences physiques et en génie, et notamment à l’élaboration d’une méthodologie statistique pour les simulateurs informatiques complexes, les plans factoriels fractionnaires pour essais par étapes multiples et les plans de paramètres robustes optimaux permettant de réduire la variation de produits.
Lauréats du prix de La revue canadienne de statistique
Prix de La revue canadienne de statistique décerné à Zhong Guan, Jing Qin and Biao Zhang



Le prix de La revue canadienne de statistique est présenté chaque année par la Société statistique du Canada à l’auteur / aux auteurs d’un article publié dans la Revue, en reconnaissance de la qualité exceptionnelle de l’innovation méthodologique et de la présentation de l’article. L’article primé cette année s’intitule « Information borrowing methods for covariate-adjusted ROC curve » (Volume 40, no. 3, pp. 569-587) par Zhong Guan, Jing Qin et Biao Zhang.
Pour les problèmes de diagnostics médicaux, il a été montré récemment que la courbe d'efficacité du récepteur (ROC) ajustée pour les covariables permet d'obtenir la meilleure séparation entre la maladie et le contrôle. À cause de différentes restrictions, la taille d’échantillon de certaines valeurs de covariables n’est pas assez grande pour estimer la ROC directement pour toutes les covariables d'intérêt. Les auteurs développent des méthodes statistiques pour exploiter au mieux les informations fournies par les données à l’aide de modèles semiparamétriques de nivellement exponentiel. Dans ces modèles, les fonctions de densités des différents niveaux des covariables partagent la même densité de base et les paramètres des composantes du nivellement exponentiel représentent la différence entre les covariables. La nouvelle ROC ajustée pour les covariables estimées est beaucoup plus lisse et plus efficace que sa contrepartie non paramétrique. Une étude de simulation et une application de vraies données sont aussi discutées.
Zhong Guan est professeur agrégé de statistique au Département de sciences mathématiques de la Indiana University South Bend. Il a obtenu son doctorat en statistique de la University of Toledo en 2001. Avant de rejoindre le corps professoral de IU South Bend en 2004, il a poursuivi des études postdoctorales à l’école de médecine de Yale. Ses recherches portent principalement sur la méthode de vraisemblance empirique, les modèles semiparamétriques et non paramétriques et la bioinformatique.
Jing Qin est statisticien mathématicien à la division de recherche en biostatistique du National Institute of Allergy and Infectious Diseases. Après des études à la University of Waterloo (1992), il a obtenu une bourse de recherches postdoctorales d’un an à Stanford avant d’être recruté à la University of Maryland. Avant de rejoindre le National Institute of Health (2004), il a travaillé au Memorial Sloan-Kettering Cancer Center pendant cinq ans. Il s’intéresse notamment à la méthode de vraisemblance empirique, les études cas-témoins, l’échantillonnage avec biais de temps, l’économétrie, l’analyse de survie, les données manquantes, l’inférence causale, les modèles de mélange génétiques, les modèles linéaires généralisés, les méthodes de sondage et l’analyse de donnes de micropuces. Il a été élu Fellow de la American Statistical Association en 2006. Il s’est vu décerner le Prix Pierre-Robillard en 1993 (pour la meilleure thèse en statistique soutenue au Canada en 1992).
Biao Zhang est professeur au Département de mathématiques et de statistique de la University of Toledo. Il a complété son doctorat en statistique à la University of Chicago en 1992. Avant de rejoindre la University of Toledo, il a travaillé comme professeur adjoint invité à la State University of New York at Buffalo, puis comme professeur agrégé invité au Département de biostatistique de la University of Michigan (2000-2001). Ses travaux de recherche portent notamment sur la vraisemblance empirique, l’analyse des données manquantes, l’analyse des courbes ROC et l’inférence statistique semiparamétrique dans les modèles de rapport de densité.
L’article primé sera présenté par Jing Qin lors du 41e congrès annuel de la Société statistique du Canada à Edmonton (Alberta), du 26 au 29 mai 2013.
Prix pour impact de la SSC
Prix pour impact de la SSC décerné à David Thomson

Le récipiendaire 2013 du Prix pour l’impact du travail appliqué et en collaboration de la Société statistique du Canada est le professeur David J. Thomson du Département de mathématiques et de statistique de la Queen’s University à Kingston. Ce prix salue les contributions exceptionnelles de membres de la SSC à des travaux de recherche de nature appliquée réalisés en collaboration, dont l’importance découle principalement de leur impact relativement récent sur un organisme ou dans un domaine du savoir autre que la statistique.
David est né en 1942 à Saint-Jean (Nouveau-Brunswick). Il a étudié à la Acadia University à Wolfville ; il a obtenu son baccalauréat ès sciences spécialisé en mathématiques et en physique en 1965. Peu de temps après, il a déménagé dans le New Jersey, ayant été recruté par la Division du développement de Bell Telephone Laboratories en vue de participer à leur programme d’études de cycle supérieur. Il a ainsi complété une maîtrise (1967) et un doctorat (1971) en génie électrique au Brooklyn Polytechnic Institute (qui fait aujourd’hui partie de NYU), tout en suivant des cours maison sur des sujets si neufs qu’il n’existait encore aucun manuel à leur sujet.
Lorsque David s’est joint à Bell Labs, il a d’abord été affecté à la division du « réseau extérieur », qui travaillait sur les éléments extérieurs des réseaux de télécommunications, dont les longs systèmes de transmission. De 1966 à 1977, tout en poursuivant ses études, David a contribué au projet WT4 de guides d’ondes millimétriques, un projet qui a inspiré sa découverte puis sa publication de la méthode « multitaper » d’estimation spectrale. Après la conclusion du projet WT4, David a travaillé de 1977 à 1984 au sein d’une équipe participant au développement des premiers systèmes de téléphones cellulaires commerciaux. C’est dans le cadre de ces activités que David a obtenu cinq de ses 27 brevets. Pendant cette période, il a aussi été promu Membre distingué du personnel technique, titre réservé à l’époque aux meilleurs scientifiques et ingénieurs de Bell Labs.
En parallèle à ses travaux sur les systèmes de téléphonie cellulaire, David a trouvé le temps de rédiger son ouvrage le plus connu, un article intitulé Spectrum Estimation and Harmonic Analysis, publié en 1982 dans les Proceedings of the IEEE. Cet article, qui a été cité plus de 1900 fois, a eu une très grande influence dans les domaines connexes de la géophysique, de la sismologie, de l’héliosismologie et du traitement des signaux. Le résultat crucial de l’article motive l’emploi de plusieurs « tapers » (ou fenêtres de pondération) pour l’estimation spectrale. Il fournit un estimateur convergent pour les spectres de puissance et des outils pratiques pour l’analyse harmonique. L’analyse « multitaper » a permis de transformer l’estimation spectrale, jadis perçue comme de la « magie noire », en un outil scientifique rigoureux, corrigeant des problèmes qui dataient des travaux de Lord Rayleigh et Sir F. Arthur Schuster à la fin du 19e siècle.
En 1983 David a été muté au Département de mathématiques des communications du Service de recherches en mathématiques de Bell Labs. Heureusement pour lui, son poste lui accordait une grande liberté au plan de la recherche ; c’est ainsi qu’entre 1984 et 2000, il a pu participer à des projets en traitement des signaux numériques, en statistique robuste et en conception de circuits (génie électrique) ; il a aussi résolu des problèmes de repérage de phase et de délais, d’analyse des pannes de communication par satellite, de magnétotellurique et, en dehors de Bell Labs, de sismologie, de paléoclimatologie, de lentilles gravitationnelles (astrophysique) et de médecine.
David a été recruté par la Queen’s University en 2001, où il travaille depuis à titre de professeur et Chaire de recherche du Canada (niveau 1) en statistique et traitement des signaux au Département de mathématiques et de statistique. Durant ses 11 années à Queen’s, il a encadré 10 étudiants à la maîtrise et huit étudiants au doctorat ; il supervise actuellement sept autres étudiants à divers stades de leurs études. Pendant sa carrière chez Bell Labs et à Queen’s, David a rédigé ou corédigé 130 articles pour des revues à comité de lecture ou des actes de congrès et plus de 300 rapports techniques ; il s’est aussi vu octroyer 27 brevets, a écrit 15 chapitres pour des ouvrages et a été cité des milliers de fois.
En outre, David a reçu de nombreux honneurs tout au long de sa carrière. Il a été chercheur Green à l’Institut d’océanographie Scripps (UCSD, 1983), chercheur invité Steinbeck à l’Institut océanographique de Wood’s Hole (1985), professeur invité à Princeton (statistique, 1993), professeur associé à Scripps (UCSD, 1993–1998), professeur invité à Stanford (statistique, 1996) et conférencier Houghton (MIT, 1996). Il a également été membre du Comité de rédaction de IEEE Transactions on Information Theory (1984–1990), président du panel Signaux et systèmes de la Commission C de l’URSI (1991–1999), rédacteur adjoint de Radio Science (1996–2000) et membre du Panel des sciences physiques (National Research Council, US Army Research Labs, 1997–2000). Il est membre élu de l’IEEE (1991), statisticien agréé (Royal Statistical Society, 1993) et a été boursier Killam (Conseil des arts du Canada, 2009–2011) ; il est membre de la Société royale du Canada (2010) et ingénieur professionnel (PEO). Depuis 2008 il est également membre du Comité consultatif des environnements spatial et atmosphérique (SAEAC) de l’Agence spatiale canadienne.
Le Prix pour l’impact est décerné à David à la fois pour l’invention de l’estimation spectrale de type « multitaper » et l’application ultérieure de la théorie associée à de multiples problèmes scientifiques et technologiques. Ces dernières sont innombrables, notamment dans les domaines de la vérification du Traité d’interdiction complète des essais nucléaires et de la précision des signaux de téléphone à tonalité en présence de parasites (domaines pour lesquels plusieurs brevets lui ont été accordés).
En science, David a largement contribué à la climatologie, la géophysique et la physique spatiale et solaire grâce à ses analyses statistiques détaillées de séries chronologiques à grande échelle. Ses articles dans Nature (1990) et Science (1995) constituent les premières analyses statistiques de données climatiques qui montrent de manière concluante une relation entre la température mondiale et le CO2 atmosphérique ; ils ont contribué de manière essentielle au débat sur le réchauffement climatique.
Depuis 1990, David poursuit inlassablement son exploration de séries chronologiques provenant de plusieurs véhicules spatiaux (dans le cadre, notamment, du projet Ulysses, dont il est l’un des co-enquêteurs) et il a eu un profond impact sur notre compréhension des champs magnétiques interplanétaires et du Soleil. Sa récente découverte de la présence, dans de nombreux ensembles de données, de signatures de modes de ballottement (gravité) dont on soupçonne l’existence dans le Soleil, a contribué à une meilleure compréhension scientifique de la structure du Soleil et de ses champs magnétiques et de leurs relations avec le climat et l’environnement sur la Terre.
Enfin, David a également contribué à l’étude de la robustesse et à l’amélioration des limites d’erreur dans la méthode magnétotellurique, une technique géophysique qui permet de mesurer les champs magnétiques et électriques à la surface de la Terre (notamment sur le fond océanique) et d’utiliser ces mesures pour déterminer la conductivité électrique. D’un point de vue statistique, ce problème peut être considéré comme une régression avec des variables exogènes et endogènes complexes dans laquelle les variables explicatives sont hautement colinéaires et toutes les variables peuvent contenir des données aberrantes. La méthode magnétotellurique est maintenant la norme en géophysique et constitue un outil important pour les chercheurs qui essaient de comprendre la structure du sous-sol terrestre.
David vit actuellement à Kingston (Ontario) avec son épouse Maja-Lisa et leurs deux chats, Loki et Selkit. Ils ont deux enfants et un petit-fils ; dans ses temps libres, David aime travailler le bois, lire des livres d’histoire et assister à des concerts de musique classique. Son appréciation de la musique de chambre l’aide à se détendre et stimule sa créativité.
Le professeur David J. Thomson présentera l’allocution du Prix pour impact de la SSC lors du congrès annuel 2014 de la Société.
La citation pour le prix se lit comme suit :
« À David K. Thompson, en reconnaissance de sa création de l’estimation spectrale de type « multitaper » et de ses applications dans des domaines connexes tels la géophysique, la climatologie et l’héliosismologie ; notamment dans le cadre de sa découverte de l’existence de signatures de modes de gravité solaire dans les données scientifiques. »