par D.R.Cox
Cet article est à l'origine apparu dans Liaison 13.1, février 1999.
Voici quelques commentaires généraux sur la consultation statistique. « Enquêteur » réfère à la ou aux personnes qui travaillent sur les divers aspects de l’étude. Dans une certaine mesure, ces points constituent des conseils de perfection et doivent être appliqués en tenant compte des limitations comme, par exemple, les délais et les conditions de travail. Les points sont formulés en termes d’analyse de données et nécessiteront de légères modifications si l’étude porte davantage sur la conception que sur l’analyse.
- La collaboration plutôt que la consultation, c.-à-d., il est préférable de travailler avec un enquêteur sur une période plutôt que d’avoir des discussions occasionnelles avec un consultant sur des questions statistiques spécifiques.
- Manifestez un intérêt envers le sujet de l’étude.
- Essayez d’utiliser la terminologie du domaine, lorsqu’elle diffère des termes communément utilisés en statistique.
- Si, après réflexion, l’enquête semble mal fondée, retirez-vous dès qu’il est possible et pratique de le faire.
- Quand vous travaillez en collaboration, assistez de temps à autre à des séminaires et lisez des revues dans le domaine.
- Essayez, discrètement, de découvrir l’étendue des connaissances de l’enquêteur quant à la compréhension des questions statistiques. Par exemple, l’utilisation mécanique de tests de signification pour confirmer des effets massifs est un mauvais signe.
- Passez fréquemment en revue les progrès réalisés afin de vous assurer que l’analyse statistique aborde les questions pertinentes. Cela pourrait aider l’enquêteur à clarifier son approche et à éviter l’écueil le plus fréquemment rencontré dans les travaux statistiques, à savoir, répondre à la mauvaise question.
- Donnez-vous comme objectif, si possible, d’examiner des données brutes, de comprendre les procédés de mesure en jeu et de pouvoir apprécier la qualité générale des données, etc.
- Renseignez-vous sur certains aspects de la conception de l’étude qui risquent d’affecter l’analyse.
- Commencez par des méthodes simples.
- Si possible, terminez avec des méthodes simples.
- Souvent, les bonnes idées pour l’analyse ne fonctionnent pas du premier coup donc soyez prêts à les modifier.
- N’ayez pas peur d’émettre des hypothèses audacieuses. Une fois que vous avez obtenu une réponse préliminaire, déterminez quelles hypothèses pourraient s’avérer critiques.
- Mettez beaucoup de soin dans la présentation de vos conclusions.
- Si votre collaboration sera mentionnée dans un article ou un rapport, insistez pour qu’on vous laisse lire ce qui sera écrit.
- Si vous êtes d’avis que vous devriez être un co-auteur, mais qu’on ne vous y a pas invité, attendez quelques jours. Si, après réflexion, vous êtes toujours du même avis, parlez-en poliment avec le plus aimable des enquêteurs, en lui indiquant, si c’est réellement le cas, que vous avez consacré beaucoup de temps et d’énergie au projet.
- À l’occasion – très rarement on espère – il peut s’avérer nécessaire de mentionner que les données sont, en principe, incapable de faire la lumière sur les questions en jeu.
- Trouvez un bon équilibre entre vos propres réflexions et les conseils que vous obtenez de vos collègues (et, bien sûr, trouver aussi le temps de les aider en retour).
- Si plus de 10 p. cent de ce que vous faites s’avère très utile, vous faites du bon travail.
- Si l’enquêteur vous dit qu’il a un léger problème et qu’il est certain que vous pourrez le régler en un rien de temps, ne vous empressez pas de le croire!
Ai-je toujours respecté ces points? Non.
Est-ce que j’aurais aimé l’avoir fait? Dans l’ensemble, oui, probablement.
J’aimerais exprimer ici ma reconnaissance à Leverhulme pour la bourse de recherche émérite qu’ils m’ont accordée.
D.R.Cox
Nuffield College et
Département de statistique,
Oxford