Sur la photo, de gauche à droite : John Koval, Jack Davis, May Raad, Charmaine Dean, James McVittie
Le réseautage professionnel est un axe de développement important pour l’accréditation SSC, qui regroupe un large éventail de praticiens en statistique appliquée, issus aussi bien du monde universitaire que de l’industrie. L’enquête d’accréditation 2025 a permis d’identifier des thèmes d’intérêt professionnel qui ont été intégrés à la session sur invitation de 2026 consacrée (1) à la formation à l’éthique des données, (2) à la communication, (3) au travail d’équipe et (4) aux différences entre le conseil et la collaboration.
Jack Davis a présenté la raison d’être du Code de déontologie statistique de la SSC en tant que responsabilité envers la société, les employeurs et les clients, les autres praticiens de la statistique, ainsi que le professionnalisme. Le respect de ce code est obligatoire pour les personnes accréditées par la SSC et encouragé pour tous les membres de la SSC ; pourtant, l’éthique des données n’est généralement pas enseignée dans les cursus universitaires de premier cycle. Il introduit désormais une formation à l’éthique dans un cours de deuxième cycle, avec des lectures obligatoires dans l’un de ses cours réguliers (Stat 847 : EDA) : Dark Data : Why What You Don’t Know Matters, de David Hand ; Data Ethics: Practical Strategies for Implementing Ethical Information Management and Governance, de Katherin O’Keefe ; Data Science Ethics: Concepts, Techniques and Cautionary Tales, de David Martens ; et le podcast « Data science ethics » https://datascienceethics.com. Il consacre la moitié d’un cours à l’éthique, en s’appuyant sur le document de Statistique Canada https://www.statcan.gc.ca/en/wtc/data literacy/catalogue/892000062022001, en donnant des exemples concernant la divulgation des résidus et la désanonymisation, les préjudices coloniaux et la protection des groupes vulnérables. Il encourage également la formation à l’éthique des données lorsque cela est pertinent dans les cours universitaires portant sur le calcul statistique et l’analyse exploratoire des données. Il encourage les autres à réfléchir aux possibilités d’introduire, dans leur propre contexte, des discussions sur les pratiques statistiques.
May Raad a parlé de la polyvalence et l’étendue de l’expérience nécessaires pour communiquer efficacement, ainsi que des méthodes les plus récentes permettant de mesurer objectivement les impacts des opérations, des politiques ou des réglementations d’une agence dans le secteur du conseil en ingénierie, et de fournir aux clients publics et privés de nombreux secteurs des résultats et des analyses statistiques pertinents. En raison de la complexité des statistiques et du fait que les clients disposent souvent d’une formation et de connaissances limitées dans ce domaine, il est essentiel que les statisticiens possèdent de solides compétences en communication pour expliquer avec succès des concepts complexes en termes accessibles, pour bien comprendre les besoins des clients et établir clairement le lien entre l’analyse et les résultats concrets. De plus, des compétences avancées en communication peuvent valoriser la profession, favoriser l’évolution de carrière et renforcer la confiance. La présentation comprenait des recommandations en faveur d’une formation interdisciplinaire et d’une sensibilisation aux aspects commerciaux et économiques afin de placer la statistique au premier plan de la prise de décision. May a démontré, à l’aide d’exemples concrets de clients, comment des compétences efficaces en communication pouvaient mener à des analyses et à des perspectives ayant un réel impact, ainsi qu’à la fidélisation des clients et au renouvellement de leurs mandats. Au cours de la période de questions suivant la présentation, une question a été posée sur l’impact de l’intelligence artificielle sur le conseil en statistique. May a rappelé que, bien que l’IA repose sur des principes statistiques, les praticiens doivent gérer clairement les attentes et positionner avec assurance le rôle essentiel des méthodes statistiques dans la résolution des problèmes modernes et à l’intégration des nouvelles technologies.
Charmaine Dean a abordé l’importance du travail d’équipe dans la recherche interdisciplinaire en sciences de l’environnement, où les collaborations directes avec des scientifiques, des agences gouvernementales et des agents de terrain permettent de développer une approche profondément multifacette pour des analyses menées en équipe. Dean a souligné que des statistiques appliquées percutantes reposent intrinsèquement sur le travail d’équipe et dépendent d’une collaboration efficace entre les disciplines, les secteurs et les communautés. Elle a illustré ce propos à travers un cas de gestion des feux de forêt, soulignant que les problèmes concrets exigent l’intégration de modèles, de données et d’expertises issues de différents domaines, les statisticiens jouant un rôle clé dans la coordination des connaissances plutôt que de travailler en isolation.
Mme Dean a également soutenu que l’accréditation et la préparation professionnelle vont au-delà des compétences techniques pour inclure la communication, la pratique éthique et la capacité à établir de solides relations interdisciplinaires. Bien que les approches collaboratives soient confrontées à des défis, tels que le manque de langage commun, les incitations contradictoires et les silos disciplinaires, elles permettent en fin de compte l’innovation et des solutions plus efficaces à des problèmes complexes.
Enfin, Mme Dean a souligné certaines caractéristiques clés d’une collaboration réussie dans la pratique : définition commune du problème, respect des différentes expertises, communication itérative et clarté des rôles. Elle a également mis en avant les mécanismes institutionnels, de financement et de formation susceptibles de soutenir un travail interdisciplinaire à grande échelle au Canada.
James McVittie a ensuite conclu en évoquant son expérience en matière de conseil et de collaboration transdisciplinaires, acquise au sein d’un groupe universitaire de conseil en statistiques. Il a souligné l’importance de définir clairement dès le départ, lors d’une réunion préliminaire, si le travail relevait d’une mission de conseil – pour laquelle un contrat couvrirait des objectifs et des coûts prédéfinis – ou d’une collaboration – pour laquelle la nature du projet et la paternité des travaux seraient discutées. Dans les deux cas, une communication orale et écrite préalable est recommandée pour assurer la transparence ; des modèles de lettres ont été fournis. En particulier, l’accord de conseil a été cosigné et déposé auprès de la direction de département.
Des discussions animées ont favorisé le partage d’expériences et se sont poursuivies lors de la réception d’accréditation qui a suivi la session. Les présentations sont disponibles dans la section de développement professionnel consacrée à l’accréditation sur le site Web de la SSC.
John Koval, P.Stat. (090)
Jack Davis, PhD, P.Stat. (220)
May Raad, MSc, P.Stat. (158), PStat®
Charmaine Dean, PhD, P.Stat. (033)
James McVittie, PhD, P.Stat. (215)
Judy-Anne Chapman, P.Stat. (002)