Bruno Rémillard: médaillé d'or de la SSC 2019

Bruno Rémillard

La Médaille d’or de la Société statistique du Canada est décernée cette année à Bruno N. Rémillard. Ce prix prestigieux est attribué à un chercheur pour son apport exceptionnel à la statistique ou à la théorie des probabilités par des avancées mathématiques ou des applications. La médaille rend hommage à un chef de file actuel dans son domaine.

Bruno est né en 1961 à St-Raphaël, Québec, où il a grandi. Il a étudié les mathématiques à l’Université Laval (BSc, 1983; MSc, 1985) et à Carleton (PhD, 1987). Boursier postdoctoral CRSNG à Cornell pendant un an, il a été embauché par l’Université du Québec à Trois-Rivières en 1988. Agrégé en 1992 et titularisé en 1996, il a rejoint HEC Montréal en 2001.

Depuis 30 ans, Bruno a contribué de manière exceptionnelle à la théorie des probabilités, la statistique et l’ingénierie financière. Il est l’auteur d’un ouvrage spécialisé; il a cosigné trois manuels de 1er cycle et a produit plus de 85 articles publiés pour la plupart dans des revues internationales de haut calibre, mais aussi dans des livres et des actes de congrès. Peu de gens peuvent se targuer comme lui d’avoir publié dans les quatre annales de l’IMS.

Les travaux de Bruno ont largement influencé la théorie et la pratique. Il a aussi joué un rôle clé dans la formation de nouvelles générations de probabilistes et de statisticiens, encadrant quatre stagiaires postdoctoraux, 12 doctorants et plus de 50 étudiants de maîtrise. Il s’est mérité, entre autres, le prix Pierre-Robillard (1988), le Prix du meilleur article dans la Revue canadienne de statistique (2003) et dans la revue Econometrics (2018). 

La thèse de Bruno, encadrée par D. A. Dawson, portait sur les lois du logarithme itéré et les grandes déviations. Elle lui a valu un article en solo dans The Annals of Probability sur un analogue de la loi du logarithme itéré de Chung pour le processus de Lévy dans le plan. Avec T.–Y. Lee, il a publié dans la même revue un texte souvent cité sur les grandes déviations pour le super mouvement brownien tridimensionnel. Il s’intéresse toujours à la théorie des probabilités et collabore entre autres avec P. Del Moral et J. Vaillancourt.

C’est à partir de 1995 que le regard de Bruno s’est porté sur la statistique. Il a signé avec C. Genest une vingtaine d’articles dans Bernoulli, Biometrika, JASA, The Annals of Statistics et Journal of Multivariate Analysis, etc. Ces écrits sont largement cités. C’est notamment grâce à l’expertise de Bruno en théorie des processus empiriques qu’ont pu être validées certaines méthodes d’inférence fondées sur les rangs pour les modèles de copules.

La théorie asymptotique des processus empiriques fondés sur des pseudo-observations que Bruno a élaborée avec K. Ghoudi a conduit à de nouveaux tests d’indépendance et d’adéquation pour les modèles de copules. Ses résultats ont aussi permis de valider des techniques de rééchantillonnage employées dans ce contexte. De concert avec B. Abdous et K. Ghoudi, Bruno a également proposé et étudié des tests nonparamétriques de symétrie dans un article récompensé en 2003 par la Revue canadienne de statistique

En outre, Bruno a une connaissance approfondie de la théorie des séries chronologiques qu’il a utilisée pour bâtir des tests de bruit blanc, pour développer des modèles de copules pour données temporelles multivariées et pour en tester l’adéquation. Son récent article sur ce thème, publié en solo dans la revue Econometrics, a été primé en 2018. Il a depuis étendu ces résultats aux modèles à erreurs généralisées avec sa conjointe B. R. Nasri. Après s’être établi à Montréal en 2001, Bruno se met à l’ingénierie financière. Avec N. Papageorgiou et P. Laroche, il propose de nouvelles méthodes de réplication fondées sur des modèles stochastiques et participe à la conception de produits financiers que Desjardins Gestion internationale d’actifs, la Banque nationale du Canada et Innocap Investment Management mettent en marché. Son livre intitulé Statistical Methods for Financial Engineering, paru en 2013, lui attire bien des éloges.

Dans sa carrière, Bruno a donné plus de 80 exposés dans 14 pays et il s’est montré très généreux de son temps envers le CRSNG, la SSC, la SMC et l’ASSQ. Il a coprésidé le Comité scientifique du Congrès annuel conjoint SSC–SFdS en 2008. Au fil des ans, il a expertisé plus de 200 articles pour des revues en tout genre et a siégé au comité de rédaction de la Revue canadienne de statistique et des Annales mathématiques du Québec.

C’est à ses parents, Cécile Duchesneau et Lauréat Rémillard, que Bruno doit son intérêt pour les sciences. Il les remercie de leur soutien et entend bien transmettre les mêmes valeurs à ses futurs enfants. Il s’estime heureux d’avoir rencontré sa femme Bouchra, qui est dorénavant son collaborateur le plus important et le plus apprécié. 

La dédicace du prix est la suivante: 
« À Bruno Rémillard, pour ses nombreuses et influentes contributions à la théorie des probabilités, à la statistique et à l’ingénierie financière, pour ses qualités exceptionnelles de formateur et de mentor, pour son leadership académique, et pour son dévouement envers la profession. »

Christian Genest et Jean Vaillancourt ont produit l’essentiel de ce texte.

 
Vendredi, 31 mai, 2019

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