Travailler avec votre directeur du développement des affaires de Mitacs

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Mitacs offre de nombreuses possibilités de financement aux étudiants et aux professeurs dans toutes les disciplines universitaires, y compris les disciplines à saveur mathématique comme la nôtre. Ces opportunités se veulent d’excellentes ressources pour les directeurs de recherche qui cherchent à élargir l'exposition de leurs étudiants (et la leur!) à des problèmes de recherche industrielle, tout en leur permettant d'accroître le potentiel de financement de leurs étudiants. Pourant, d'après mon expérience, peu de membres des communautés statistique et actuarielle profitent de ces occasions. Plusieurs chercheurs affirment que trouver un partenaire industriel est le plus grand défi pour s'engager dans ce type de recherche (CANSSI IIC (2016). « Résultats du sondage du comité d’innovation industrielle de l’INCASS sur la participation aux programmes Mitacs », Liaison, 30: 4, pp. 37-39.).

Mitacs comprend cela et a des directeurs du développement des affaires (DDA) à travers le Canada qui peuvent aider au processus de jumelage. Une partie du travail du DDA consiste à identifier les projets industriels qui peuvent être développés en partenariats fructueux avec le milieu universitaire. Ils servent souvent de point de convergence pour les organisations qui cherchent à exploiter les ressources intellectuelles d'une université, et par conséquent, les DDA accumulent souvent une variété de projets dont les commanditaires recherchent une expertise académique. Par conséquent, un DDA peut être une ressource formidable pour un professeur ou un département qui cherche à élargir son réseau ou à offrir une formation pratique à sesétudiants.

Quand une nouvelle directrice générale de Mitacs, Allison Brennan, est arrivée à SFU, je l'ai rencontrée pour la première fois à l'occasion d'une rencontre avec une connaissance commune dans un café. Nous avons discuté brièvement du faible taux de participation des membres de ma communauté aux programmes de Mitacs et elle a admis qu'avec un doctorat en psychologie, la différence n'était pas toujours claire pour elle entre une question de recherche en statistique et une question de recherche nécessitant une analyse statistique. Plusieurs des entreprises avec lesquelles elle s'était entretenue étaient convaincues qu'elles avaient besoin d'un/e statisticien/ne, mais Allison pensait que les problèmes qu'elles décrivaient pouvaient aussi s’exprimer dans le cadre d'autres disciplines comme les mathématiques, l'informatique, la psychologie, la sociologie ou l'éducation. Nous avons convenu de nous rencontrer à nouveau pour en discuter davantage.

Lors de cette réunion, j'ai décrit comment les statisticiens perçoivent le continuum entre consultation statistique et recherche en statistique. Nous avons discuté de tout le spectre allant de l'application d'outils simples à un ensemble de données, en passant par de nouvelles applications d'outils existants à des données complexes et au développement de nouveaux modèles, jusqu’au développement méthodologique complet. J'ai expliqué que les systèmes d'évaluation interne et externe de notre travail ont tendance à valoriser fortement les publications de la dernière catégorie, et que ce type de projet est donc beaucoup plus susceptible d’obtenir l'intérêt des statisticiens. Cependant, nous avons convenu que les partenaires industriels pourraient ne pas être en mesure de prévoir quand cela se produirait; d’ailleurs nous ne pouvons pas toujours le savoir nous-même avant d’avoir plongé à fond dans un projet!Enfin, j'ai lui expliqué qu’il y avait différents domaines de recherche dans notre discipline, et que nous sommes tous spécialistes de certaines méthodes ou domaines d'application mais que nous en savons peu sur d’autres.

À la fin de notre conversation, Allison et moi avons acquiescé qu'il serait utile de regarder ensemble certaines propositions de projets industriels, afin que nous puissions discuter de leur potentiel en tant que projets de recherche en statistique et de développer une compréhension mutuelle. Les deux premières propositions relevaient clairement de la science des données ou de l'analyse prédictive et n'étaient pas considérées comme de la recherche en statistique. Les projets exigeaient également plus de compétences en informatique que ce que l’on trouve chez les étudiants en statistique, mais aussi plus de compétences statistiques que ce qui est typique chez les étudiants en informatique. (Je remarque à cet effet que certains partenaires de l'industrie ne sont peut-être pas pleinement conscients des compétences que possèdent les étudiants en statistique et qu'ils peuvent demander des étudiants d'autres disciplines comme l'informatique, alors que nos étudiants pourraient bien les servir.)

Je lui ai donné mes points de vue détaillés sur les propositions, en distinguant le travail statistique - en analysant les données pour trouver des réponses - et le travail informatique - en extrayant et en préparant les données et en construisant des outils numériques. Dans un des cas, j'ai suggéré que le partenaire divise son projet en deux afin que des étudiants de différents départements puissent être recrutés pour travailler ensemble.

Bien que ces projets spécifiques n’aient pas convenu aux statisticiens, j'ai considéré que ces premières discussions avec Allison étaient un succès. Quelques mois plus tard, Allison m'a envoyé une autre proposition à examiner. Ce projet était plus intéressant et demandait une approche qui se situaitquelque part entre une application statistique avancée et une recherche statistique appliquée. Il a certainement le potentiel d'évoluer en une collaboration de recherche pour une personne ayant les bons intérêts.

Suite à ces interactions, Allison me dit qu'elle a une meilleure compréhension du continuum entre la recherche statistique et la consultation statistique. Dans mon département, elle est maintenant positionnée comme un atout pour quiconque est à la recherche de projets ou de collaborations à l’extérieur du monde académique. Elle est également mieux à même de signaler aux entreprises et aux organismes communautaires lorsque leurs projets de recherche en collaboration avec le milieu académique pourraient faire appel à la recherche en statistique.

Si vous souhaitez améliorer vos chances de développer des projets de recherche en partenariats industriels grâce aux relations de Mitacs, je vous suggère d'avoir une discussion similaire avec votre directeur du développement des affaires en mettant en exergue vos besoins et intérêts spécifiques. Quelqu’un pourrait proposer d'examiner les propositions de projets disponibles et de les transmettre à des collègues. Dans son cas Allison m'assure que cela pourrait lui être d'une aide précieuse pour augmenter les chances que les projets qu'elle présente intéressent les chercheurs en statistique et en actuariat de l'Université Simon Fraser.

Pour moi, la collaboration avec Allison a été agréable et l'examen des projets n'a pas pris trop de temps. En prime, j'ai appris à mieux connaître les collaborations potentielles que les partenaires de l'industrie recherchent dans le cadre de Mitacs, ce qui me permettra de mieux me positionner, avec mes étudiants, si je veux bénéficier de ces opportunités.

Tom Loughin, Université Simon Fraser

Mardi, 10 avril, 2018

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