Comment les dynamiques démographiques sont-elles mesurées entre les recensements et projetées pour référence ultérieure

2007

Date Source: 

Statistics Canada

Organizer: 

André Cyr, Hubert Denis, and Éric Caron Malenfant

Introduction

Statistique Canada mène tous les cinq ans un recensement national qui réunit une foule de données démographiques sur la population du Canada. Le recensement recueille de l’information sur les citoyens canadiens, les immigrants reçus et les résidents non permanents qui ont un lieu de résidence habituel au Canada. Contrairement à certains pays, le Canada ne dispose pas d’un registre permanent de la population permettant de connaître l’état et l’évolution de la population au cours des périodes intercensitaires.
 

Pour pallier cette lacune, Statistique Canada a mis au point un programme d’estimations de la population et des familles qui, grâce aux données du recensement recueillies par Statistique Canada et à des données administratives fournies par d’autres organismes gouvernementaux et ministères, produit des estimations de la population du pays entre les recensements. L’organisme a également élaboré un programme de projections démographiques qui permet de formuler, en extrapolant les tendances antérieures, des hypothèses plausibles sur la démographie future du Canada.
 

Dans le cadre de ces programmes, la Division de la démographie analyse en permanence les composantes de l’accroissement démographique : fécondité, mortalité, migration internationale et migration interprovinciale. Ces composantes servent de base à la production des estimations et des projections de la population canadienne.
 

Parmi les phénomènes révélés par l’analyse de ces estimations, deux sont d’une importance particulière pour l’avenir du pays: le ralentissement, voire le déclin, de l’accroissement démographique et le vieillissement de la population. De plus, on remarque que ces tendances évoluent à des rythmes très différents dans le pays. Entre autres, les provinces Atlantiques, et plus particulièrement Terre-Neuve-et-Labrador, sont parmi les plus vieilles du pays et présentent, depuis plusieurs années, les taux d’accoissement démographique les moins élevés.

Objectifs de l’atelier

Au cours de cet atelier, les participants utiliseront les estimations et projections produites par Statistique Canada. La méthode utilisée pour produire les projections démographiques présente chaque composante de la croissance démographique; de nombreuses hypothèses sont faites sur l’évolution future de chaque composante. Ces hypothèses, lorsqu’elles sont combinées, forment un certain nombre de scénarios de projection. On retrouve habituellement trois hypothèses de fécondité, de mortalité et d’immigration ainsi que quatre hypothèses de migration interprovinciale, qui permettent de créer 108 scénarios de changement démographique futur.

Objectifs

  1. Étudier et comparer les diverses hypothèses et analyser les résultats des scénarios projections, tout d’abord en se concentrant sur les résultats à l’échelle nationale, puis pour Terre-Neuve-et-Labrador (les participants peuvent également examiner d’autres provinces et territoires) et en décrivant l’accroissement démographique et la structure par âge de ces populations. Cette « analyse de sensibilité » servira à démontrer l’importance de chacune des composantes sur la taille et la structure par âge des populations projetées.
  2. A partir du cas spécifique de Terre-Neuve-et-Labrador qui est sur le point de devenir la première province canadienne à connaître de façon permanente un accroissement naturel négatif, examiner les diverses hypothèses et scénarios de projection qui permettraient à la province de renouer avec une croissance permanente de sa population et de freiner son vieillissement démographique.

Contexte : Les méthodes

Il est clair que les méthodes démographiques ont considérablement évolué avec l’avènement de l’informatique. Le recours à des techniques exigeantes en calculs, comme les tables de survie multi-états et la modélisation des risques, est maintenant plus accessible aux démographes. L’évolution constante des systèmes de gestion de données, qui se sont améliorés avec l’expansion des capacités informatiques, a rendu possible l’utilisation de techniques d’estimation plus puissantes.

Que sont les estimations et les projections?

Projections démographiques pour le Canada, les provinces et les territoires
 

Les estimations et les projections démographiques sont semblables en ce sens qu’elles permettent toutes les deux d’établir la taille de la population à un moment donné. D’une part, les estimations de la population sont en fait des dénombrements approximatifs de la population actuelle ou récente. Quant aux projections, on peut les considérer comme étant des estimations de population mesurées pour une date future selon un ensemble défini d’hypothèses plausibles.
 

Estimations

Les estimations produites par Statistique Canada sont regroupées en deux catégories : les estimations postcensitaires et les estimations intercensitaires.
 

Les estimations postcensitaires sont produites en utilisant les données du plus récent recensement (corrigées pour le sous-dénombrement net) et les estimations des composantes de l’accroissement démographique depuis ce dernier recensement. Ces composantes comprennent les naissances, les décès, l’immigration, l’émigration (et ses sous-composantes), le solde des résidents non permanents et la migration interprovinciale. Il y a lieu de prendre en considération une autre composante, la migration infraprovinciale lorsque nous estimons les populations des régions infraprovinciales. Tous ces éléments de la production des estimations de population seront discutés au cours de l’atelier.
 

Les estimations intercensitaires sont pour leur part produites tous les cinq ans. Elles assurent une cohérence entre les estimations postcensitaires précédentes et les comptes du dernier recensement corrigés pour le sous-dénombrement net. Il faut compter habituellement deux ans après la collecte des données du recensement pour établir ces estimations (été 2008 pour recensement de 2006).
 

Projections

Les projections démographiques produites par Statistique Canada offrent à l’utiilisateur divers scénarios quant à l’évolution future de la taille et à la répartition de la population canadienne.
 

Les combinaisons d’hypothèses concernant les composantes permettent en effet d’établir des scénarios d’accroissement démographique faible, moyen et fort, plausibles pour chaque province/territoire et pour l’ensemble du pays. Les hypothèses sont élaborées à partir d’une analyse des tendances antérieures et des discussions avec les coordonnateurs statistiques provinciaux et territoriaux, possesseurs d’une connaissance plus approfondie des situations locales, contribuent aux choix définitifs des scénarios présentés.
 

Les projections ne sont pas des prévisions, mais plutôt des mesures de la population future d’après une population de base et des hypothèses plausibles concernant les composantes de l’accroissement démographique : fécondité, mortalité et migration. Les projections sont habituellement produites tous les cinq ans en utilisant comme point de départ l’estimation démographique au 1er juillet de l’année la plus récente.

Estimations postcensitaires et intercensitaires de la population, Canada, provinces et territoires

La présente partie expose les méthodes utilisées pour calculer les estimations postcensitaires et intercensitaires de la population totale et de la population selon l’âge et le sexe aux niveaux provincial, territorial et infraprovincial. Les sources de données pour chaque estimation sont présentées. La qualité des estimations est également abordée dans cette section.

Estimations postcensitaires de la population, Canada, provinces et territoires

Les estimations postcensitaires de la population sont obtenues à l’aide des données du dernier recensement (corrigées pour le sous-dénombrement net du recensement) et des estimations des composantes de l’accroissement démographique depuis ce recensement.
 

Les estimations postcensitaires sont calculées grâce à la méthode des composantes. Celle-ci équivaut à un système de comptabilité de la population, où l’estimation censitaire est modifiée en ajoutant ou en retranchant les composantes de l’accroissement démographique survenu entre le jour du recensement et la date de référence de l’estimation.
 

Les composantes peuvent être divisées en deux groupes selon les caractéristiques des données utilisées : les composantes pour lesquelles des données sont facilement accessibles, comme les naissances, les décès et l’immigration, et les composantes qui doivent être estimées, comme la migration interprovinciale, l’émigration et le solde des résidents non permanents (RNP).
 

Pour chaque type d’estimations postcensitaires, provisoires, mises à jour et définitives, le degré de complétude des composantes varie et, par conséquent, les procédures de leur estimation. Les estimations provisoires, disponibles de trois à quatre mois après la date de référence, sont semblables aux projections à court terme puisqu’elles sont basées sur des données provisoires issues de sources d’information moins complètes. Elles sont parfois estimées à l’aide de modèles de régression.
 

Les estimations mises à jour sont habituellement produites dans un délai d’un an et prennent en compte des données plus complètes pour certaines composantes. Les estimations sont finalisées habituellement deux ans après la date de référence et sont considérées comme les comptes de population les plus précis disponibles jusqu’au prochain recensement.
 

Les estimations de la population sont d’abord produites pour chaque province et territoire, puis totalisées pour obtenir une estimation de la population du Canada. Elles sont également mesurées au niveau infraprovincial, puis sont totalisées à l’échelle provinciale.
 

L’équation de la méthode des composantes servant à estimer la population totale des provinces ou territoires est présentée au tableau 1.
 

Tableau 1 : Équation de la méthode des composantes
 

Équation 1.1: P(t+i) = Pt + B(t,t+i) - D(t,t+i) + I(t,t+i) - E(t,t+i) + ΔRNP(t,t+i) + MInet(t,t+i)
 

où, pour chaque province et territoire :
 

Variable Signification
P(t+i) estimation de la population au temps (t+i)
Pt population au temps t (estimation censitaire ou estimation postcensitaire)
B(t,t+i) nombre de naissances entre les temps t et (t+i)
D(t,t+i) nombre de décès entre les temps t et (t+i)
I(t,t+i) nombre d’immigrants entre les temps t et (t+i)
E(t,t+i) nombre d’émigrants (émigrants permanents, émigration temporaire et émigration de retour) entre les temps t et (t+i)
ΔRNP(t,t+i) solde des RNP entre les temps t et (t+i) (valeur positive ou négative)
MInet(t,t+i) solde migratoire interprovincial net entre les temps t et (t+i) (valeur positive ou négative)
(t,t+i) intervalle entre le 1er juillet et la date de référence
 

Comme nous l’avons indiqué précédemment, les renseignements utilisés pour estimer les composantes ne sont pas disponibles en même temps. En fait, puisqu’ils proviennent de diverses sources, leur actualité est très différente. Le tableau 2 montre les références et les sources des données utilisées pour produire les estimations postcensitaires.
 

Tableau 2: Sources et réferences relatives aux estimations postcensitaires
 

Composante Sources et références (si elles existent)
Population de base (Estimations censitaires) Chiffres du recensement de la population (Recensement du Canada, Catalogue no. 93F0051XIE) Données de la contre-vérification des dossiers (CVD) – Couverture, rapports techniques du recensement de 2001, no 92-394-XIE au catalogue)
Naissances et décés La Division de la statistique de la santé de Statistique Canada reçoit les naissances et les décès de chaque province/territoire. Les données sont diffusées par la Division de la démographie, Statistique Canada (no 91-002-XWE au catalogue, tableau 4).
Mariages et divorces La Division de la statistique de la santé de Statistique Canada reçoit les mariages de chaque province/territoire et reçoit les données sur le divorce de CRDP (Justice Canada).
Immigration Données de Citoyenneté et Immigration Canada (CIC) Emigration
Emigration Émigrants permanents
Données du programme des Prestations fiscales pour enfants (PFE) de l’Agence de revenu du Canada (ARC) 

Émigrants de retour
Données du programme des PFE de l’ARC 

Émigrants temporaires
Données de la contre-vérification des dossiers (CVD) – Couverture, rapports techniques du recensement de 2001, no 92-394-XIE au catalogue)
Solde des résidents non permanents Données de CIC concernant les personnes ayant un lieu de résidence habituel au Canada et qui demandent le statut de réfugié ou qui sont titulaires d’un permis de séjour pour étudiant, d’un permis de travail ou d’un permis ministériel. Sont également inclus les membres de la famille de ces personnes vivant avec elles.
Migration interprovinciale et intraprovinciale Données de la PFE (ARC) 
Données produites à partir du fichier de l’impôt sur le revenu par la Division des données régionales et administratives (DDRA), Statistique Canada

Tendances démographiques

Tel que mentionné ci-dessus, la population canadienne, et plus particulièrement celle de la région Atlantique, est affectée par deux phénomènes : le ralentissement de la croissance démographique, voire dans certains cas, son déclin, et le vieillissement de la population. Les graphiques et tableaux qui suivent révèlent l’ampleur de ces changements et jusqu’à quel point leurs effets ont été spectaculaires, particulièrement dans le cas de Terre-Neuve-et-Labrador.
 

Le premier graphique présente les tendances de croissance observées dans la région de l’Atlantique et dans le reste du Canada. Il indique clairement que le reste du Canada a enregistré une croissance plus rapide au cours des trois dernières décennies. De plus, on remarque que, dans la région de l’Atlantique, la population diminue depuis le milieu des années 1990.
 

Graphique 1: Croissance de la population, région Atlantique et RDC, 1971-2006

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Entre les recensements de 1996 et 2001, la population du Canada a augmenté de 1,4 million de personnes. Toutefois, la croissance démographique ne s’est pas faite uniformément. Alors que l’accroissement était positif ailleurs au Canada, la région de l’Atlantique a connu une baisse de plus de 12 000 personnes au cours de cette période, entièrement attribuable à une perte de population à Terre-Neuve-et-Labrador.
 

Cette perte est, en grande partie, imputable à la migration interprovinciale, i.e. aux personnes qui quittent la région de l’Atlantique pour s’installer ailleurs au Canada. L’Î.-P.-É. est l’exception à la règle avec un solde migratoire interprovincial légèrement positif. De plus, on remarque que l’accroissement naturel est le facteur d’accroissement démographique le plus important et ce, pour les quatre provinces atlantiques.
 

La situation a changé au cours des 5 années qui ont suivi (à noter que les chiffres qui suivent n’ont pas été ajustés en fonction des résultats du Recensement de 2006 qui seront diffusés prochainement). En raison d’un solde migratoire international plus élevé qui a compensé une diminution de l’accroissement naturel, l’accroissement démographique canadien a été un peu plus soutenu.
 

Tableau 3: Facteurs de l’accroissement démographique, 1996-2001
 

1996-2001 Canada NL IPE NS NB Région Atlantique RDC*
Accroissement total 1,456,187 -26,595 2,377 9,859 2,139 -12,220 1,468,407
Accroissement naturel 615,866 4,397 1,772 8,505 8,148 22,822 593,044
Solde de la migration internationale 840,321 1,083 423 7,717 2,403 11,626 828,695
Solde de la migration interprovinciale 0 -32,075 182 -6,363 -8,412 -46,668 46,668
*RDC - Reste du Canada 
Source: Division de la démographie, Statistique Canada (les estimations sont ajustées pour tenir compte du sous-dénombrement net)

Tableau 4 : Facteurs de l’accroissement démographique, 2001-2006
 

2001-2006 Canada NL IPE NS NB Région Atlantique RDC*
Accroissement total 1,602,239 -12,309 1,847 2,016 -722 -9,168 1,611,407
Accroissement naturel 535,697 1,030 822 2,595 3,291 7,738 527,959
Solde de la migration internationale 1,066,542 1,801 920 7,552 4,670 14,943 1,051,599
Solde de la migration interprovinciale 0 -15,140 105 8,131 -8,683 -31,849 31,849
*RDC - Reste du Canada 
Source: Division de la démographie, Statistique Canada (les estimations sont ajustées pour tenir compte du sous-dénombrement net)
 

 

De son côté, la région Atlantique perdait plus de 9 000 personnes. Bien que le déclin à Terre-Neuve-et-Labrador n’ait pas été aussi prononcé qu’au cours de la période précédente, un ralentissement de la croissance en Î.-P.-É. et en Nouvelle-Écosse ainsi qu’un renversement de tendance au Nouveau-Brunswick ont contribué à la diminution de la population dans la région de l’Atlantique.
 

Malgré une certaine amélioration, la migration interprovinciale provenant de la région Atlantique vers le reste du pays a continué de constituer la raison principale pour laquelle la région Atlantique a poursuivi son déclin. De plus, la région a vu son accroissement naturel diminuer de façon importante, si bien qu’il n’est plus le principal facteur d’accroissement démographique, laissant la place au solde de la migration internationale.
 

Les chiffres des tableaux précédents s’inscrivent dans une longue progression des tendances qui affectent la démographie de la région Atlantique. Tout d’abord, le taux d’accroissement naturel1 est en baisse constante depuis plusieurs décennies (graphique 2). 
 

Graphique 2 : Taux d’accroissement naturel, Région Atlantique et RDC, 1971-2006

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Encore plus que dans le reste du Canada, le taux d’accroissement naturel dans la région de l’Atlantique a chuté radicalement au cours des 35 dernières années. Si le taux d’accroissement naturel dans l’Atlantique était supérieur à la moyenne nationale en 1971-1972, il est maintenant bien en deçà de cette moyenne.
 

Le déclin le plus marqué est survenu à Terre-Neuve-et-Labrador (Figure 3). En fait, cette province, qui a déjà connu un des taux d’accroissement naturel les plus élevés du Canada, a enregistré son premier taux d’accroissement naturel négatif en 2005-2006, ce qui signifie qu’au cours de cette période, le nombre de décès a surpassé celui des naissances.
 

Comment expliquer un tel déclin? Tout d’abord, la fécondité des provinces Atlantiques est moins élevée que dans le reste du pays depuis le milieu des années 1980 (tableau 5). La province de Terre-Neuve-et-Labrador a nettement l‘indice synthétique de fécondité (ISF) le plus bas au pays. De même, les provinces de l’Atlantique, à l’exception de l’Î.-P.-É., ont des indices inférieurs au niveau national.
 

Or, toute population ayant une fécondité sous le seuil du remplacement des générations (2.1 enfants par femme) voit sa population vieillir. Ainsi, plus la fécondité d’une région s’éloigne de ce seuil, plus le vieillissement de sa population est accélérée. En ayant les plus faibles ISF du pays depuis plusieurs décennies, il n’est pas étonnant de voir les populations des régions Atlantiques vieillir plus rapidement que celles du reste du pays.
 

Graphique 3 : Taux d’accroissement naturel, Provinces Atlantiques, 1971-2006

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A fécondité égale, une population plus vieille qui possède moins de femmes en âge de procréer, générera moins d’enfants d’où des taux de natalité moins élevés. De plus, à mortalité égale, une population plus vieille génère aussi plus de décès. En d’autres mots, plus une population vieillit, moins elle produit de naissances, plus elle produit de décès, d’où un accroissement naturel en décroissance. 
 

Table 5: Tableau 5: Indice synthétique de fécondité2, Canada, provinces et territoires, 1971-2004
 

Province / Territoire3 1971 1981 1991 2001 2004
Canada 2.13 1.65 1.70 1,51 1,53
Terre-Neuve-et-Labrador 1.44 1,24 1,30
Île-du-Prince-Édouard 2.86 1.88 1.85 1,47 1,53
Nouvelle-Écosse 2.46 1.62 1.58 1,36 1,40
Nouveau-Brunswick 2.62 1.67 1.55 1,38 1,40
Québec 1.84 1.57 1.65 1,47 1,58
Ontario 2.15 1.58 1.66 1,51 1,50
Manitoba 2.49 1.82 1.97 1,80 1,77
Saskatchewan 2.67 2.11 2.04 1.80 1,86
Alberta 2.35 1.85 1.89 1,65 1,74
Colombie-Britannique 2.05 1.63 1.68 1,38 1,39
Yukon 3.08 2.04 2.15 1,56 1,67
Territoires du Nord-Ouest 4.57 2.84 2.44 1,82 2,03
Nunavut 3.52 3,03 2,96
Sources: Statistiques de l’état civil – Base de données sur les naissances, CANSIM (tableau 102-4505), 
Division de la démographie, Programme des estimations démographiques, Statistique Canada.

Comme on l’a vu précédemment, les pertes encourues par la migration interprovinciale amplifient le déclin et le vieillissement démographiques de la région Atlantique puisque les jeunes personnes qui, probablement à la recherche de meilleures conditions de travail, quittent la région en grand nombre et auront souvent leurs enfants ailleurs au pays. On estime en effet que depuis le début des années 1970, la région Atlantique a connu des pertes nettes de près de 150,000 personnes aux mains des autres régions du pays (graphique 4). Ce nombre ne tient pas compte des enfants que cette population a eu ailleurs au pays.
 

Même en légère hausse depuis quelques années, l’immigration ne parvient pas à contrer le déclin causé par la baisse de la fécondité, le vieillissement de la population et la migration internationale. La vaste majorité (environ 75%) des nouveaux immigrants qui s’établissent au Canada le font dans les grands centres urbains du pays, Toronto, Montréal, Vancouver. Ainsi, si cette composante assure la hausse du taux d’accroissement national et de certaines provinces (notamment l’Ontario et la Colombie-Britannique), ses effets ne se font pas sentir uniformément sur l’ensemble du territoire et très peu dans la région Atlantique. 
 

Graphique 4 : Échanges démographiques entre la région Atlantique et le RDC, 1971-2006

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À l’évidence, de nombreux facteurs ont façonné la situation démographique actuelle du Canada, de la région de l’Atlantique et de la province de Terre-Neuve-et-Labrador. La présente étude de cas examinera l’incidence de ces tendances séculaires sur les projections à long terme de la population du Canada et de la région de l’Atlantique constituera l’objet de la présente étude de cas.

Projections démographiques

Comme les estimations, les projections sont calculées selon la méthode des composantes. Les dernières séries de projections débutent avec la population par âge, sexe et province/territoire de résidence au 1er juillet 2005. Ensuite, sur une base annuelle, on ajoute à cet effectif de départ les naissances et les immigrants et on retranche les décès et les émigrants. Le modèle tient également compte des résidents non permanents et des migrations interprovinciales. Les calculs sont effectués au niveau des provinces et des territoires, puis les résultats pour l’ensemble du Canada sont obtenus par sommation des données de chaque unité géographique.
 

Afin de rendre le modèle de projection opérationnel, des hypothèses sur chacune des composantes de la croissance démographique doivent être élaborées. Ainsi, par exemple, l’exercice de projection diffusé en 2005 comprend trois hypothèses relatives à la fécondité, à l’immigration et à la mortalité, quatre hypothèses de migrations interprovinciales, puis une seule hypothèse pour les résidents non permanents et chacune des composantes de l’émigration.
 

Un nombre restreint de combinaisons d’hypothèses a été par la suite retenu pour former des scénarios de projection plausibles en regard des tendances passées. Après chaque recensement de la population, de nouvelles projections viennent remplacer les précédentes. L’édition la plus récente des numéros 91-520-XPF, 91-520-XIF et 91-520-SCB au catalogue comprend les projections basées sur le Recensement de 2001. Ce rapport contient différents scénarios de projection de la population jusqu’à l’horizon 2031. Il décrit aussi la méthodologie, les hypothèses et scénarios et comprend une brève analyse des résultats.
 

Statistique Canada a publié des projections pour le Canada, les provinces et les territoires à sept reprises depuis 1974, les dernières en date étant parues en 2005. Ces projections, diffusées à intervalles réguliers, sont conçues de manière à assurer la cohérence et la comparabilité des méthodes et des résultats tant à l’échelle provinciale et territoriale que nationale.
 

Il importe de souligner que les projections ne sont pas des prédictions. Elles représentent plutôt un effort en vue d’établir des scénarios plausibles à partir d’hypothèses sur les composantes de la croissance démographique, elles-mêmes sujettes à l’incertitude. Elles fournissent des informations statistiques utiles à la planification, à la préparation de politiques et peuvent aussi servir au public qui s’intéresse aux changements futurs dansa la population et aux questions qui s’y rapportent.
 

Le graphique 5 illustre un scénario de projection utilisé souvent comme scénario de référence, en raison des faibles enjeux des hypothèses. Selon ce scénario, la croissance démographique de la population de l’Atlantique demeurera inférieure à celle du reste du pays. Bien qu’une certaine hausse de la croissance démographique soit prévue, la tendance à long terme indique malgré tout un taux d’accroissement négatif autour de 2030.
 

En conséquence et comme le démontre le graphique 6, le poids démographique de la région Atlantique continuera de diminuer au cours des années à venir. De 9,5 % qu’il était au début des années 1970, il devrait avoisiner les 6,0 % à la fin de la période de projection.
 

Tableau 6 : Scénarios retenus pour l’étude de cas sur les projections démographiques
 

Scénario Fécondité Espérance de vie Immigration Migrations interprovinciales Provenance du scénario
A- Croissance moyenne et migrations moyennes Moyenne Moyenne Moyenne Moyenne Scénario 3 - projections 2005-2031
B- Croissance moyenne et migrations récentes Moyenne Moyenne Moyenne Tendances récentes Scénario 2 - projections 2005-2031
C- Croissance moyenne et migrations côte ouest Moyenne Moyenne Moyenne Côte Ouest Scénario 4 - projections 2005-2031
D- Croissance moyenne et migrations centre-ouest Moyenne Moyenne Moyenne Centre-ouest Scénario 5 - projections 2005-2031
E- Aucune migration interne Moyenne Moyenne Moyenne Aucune Scénario spécial- SSC
F- Immigration élevée Moyenne Moyenne Forte Moyenne Analyse de sensibilité - projections 2005-2031
G- Immigration faible Moyenne Moyenne Faible Moyenne Analyse de sensibilité - projections 2005-2031
H - 1 million d’immigrants par année Moyenne Moyenne 1 million par année Moyenne Scénario spécial - SSC
I- Immigration nulle Moyenne Moyenne 0 Moyenne Scénario spécial - SSC
J- Fécondité élevée Forte Moyenne Moyenne Moyenne Analyse de sensibilité - projections 2005-2031
K- Fécondité faible Faible Moyenne Moyenne Moyenne Analyse de sensibilité - projections 2005-2031
L- Fécondité 2,1 à T-N-L ISF 2,1 à T-N-L Moyenne Moyenne Moyenne Scénario spécial - SSC
M - Espérance de vie élevée Moyenne Forte Moyenne Moyenne Analyse de sensibilité - projections 2005-2031
N - Espérance de vie faible Moyenne Faible Moyenne Moyenne Analyse de sensibilité - projections 2005-2031
O - Fécondité 2.1 au Canada ISF 2.1 au Canada Moyenne Moyenne Moyenne

Scénario spécial - SSC 2007

 


Notes sur les hypothèses des scénarios:

  1. La description détaillée des hypothèses de tous les scénarios, à l’exception des scénarios E, H, I,L et O, se trouve dans le document “Projections démographiques pour le Canada, les provinces et les territoires, 2005-2031”, #91-520 au catalogue.
  2. Pour les scénarios E, H, I, L et O, les hypothèses moyennes pour chacune des composantes de l’accroissement de la population demeurent identiques aux hypothèses moyennes des autres scénarios.
  3. Dans le scénario E, “aucune migration interne” signifie que les soldes migratoires de chacune des juridictions demeurent nuls tout au long de la période de projection.
  4. L’hypothèse de “1 million d’immigrants par année” du scénario H signifie qu’au niveau national, le nombre d’immigrants s’établit à un million de personnes pour toute la période de projection. La répartition des immigrants entre les juridictions est celle observée lors de la période récente.
  5. Pour le scénario I, “immigration nulle” signifie qu’aucun immigrant ne sera ajouté à la population canadienne et ce, dès la première année de projection.
  6. Pour le scénario L, l’hypothèse d’un ISF de 2,1 signifie que l’indice synthétique de fécondité s’élèverait, dès la première année de projection, au seuil de remplacement des générations (2,1 enfants par femmes) à Terre-Neuve-et-Labrador; il demeurerait constant par la suite.
  7. Pour le scénario O, l’hypothèse d’un ISF de 2,1 signifie que l’indice synthétique de fécondité s’élèverait, dès la première année de projection, au seuil de remplacement des générations (2,1 enfants par femmes) au Canada, il demeurerait constant par la suite.
     

    Graphique 5 : Taux d’accroissement de la population, région Atlantique et RDC, 1971-2031

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    Graphique 6 : Poids démographique de la région Atlantique, 1971-2031

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1

Il s’agit du nombre des naissances moins celui des décès par unité de population de 1 000 habitants.


2

L’indice synthétique de fécondité est une estimation du nombre moyen de naissances vivantes qu’une femme peut s’attendre à avoir au cours de sa vie, selon les taux de fécondité par âge (TFA) d’une année donnée. L’indice synthétique de fécondité (ISF) est égal à la somme des TFA.


3

La répartition géographique des naissances vivantes dans ce tableau se fonde sur le lieu de résidence habituel de la mère.

 

Research Question: 

À partir des estimations et projections de population produites par Statistique Canada, les participants à cet atelier tenteront de trouver des moyens de contrer à l’avenir ces deux phénomènes. En d’autres mots, ces participants devront répondre à ce type de questions :

  • Quelles sont les composantes qui ont le plus d’impact sur l’évolution de la population?
  • A quel palier doit remonter la fécondité pour freiner le vieillissement démographique ?
  • Est-ce que l’immigration, aux niveaux actuels, peut compenser le déclin de la taille de la population, la baisse de la population d’âge actif et le vieillissement démographique ?
  • Peut-on vraiment contrer les problèmes démographiques actuels à l’aide d’une immigration plus importante ?
  • Quel est le véritable impact de l’immigration sur l’accroissement et le vieillissement de la population ?
  • Qu’en est-il des autres composantes (mortalité, émigration, etc…) de l’accroissement démographique?

 

Variables: 

Pour l’étude de cas, nous utiliserons des feuilles de calcul Excel contenant les divers scénarios de projection démographique diffusés par Statistique Canada et quelques autres scénarios qui peuvent présenter un intérêt pour cette analyse.
 

Comme source complémentaire d’information, nous inclurons divers tableaux sur les caractéristiques nécessaires pour projeter la population de Terre-Neuve-et-Labrador. La plupart de ces tableaux sont disponibles dans CANSIM ou dans les publications de SC.

  • Population de Terre-Neuve-et-Labrador selon le sexe et le groupe d’âge, 1971 à 2005 (tableau CANSIM 051-0001)
  • Naissances selon le sexe et l’âge de la mère, Terre-Neuve-et-Labrador, 1991 à 2004 (les données de CANSIM n’étant disponibles que pour la période de 2000 à 2004; une feuille de calcul Excel sera donc fournie)
  • Décès selon le sexe et le groupe d’âge, Terre-Neuve-et-Labrador, 1972 à 2005 (tableau CANSIM 051-0002)
  • Entrants interprovinciaux selon le groupe d’âge et le sexe, Terre-Neuve-et- Labrador, 1971 à 2003 (tableau CANSIM 051-0012)
  • Sortants interprovinciaux selon le groupe d’âge et le sexe, Terre-Neuve-et- Labrador, 1971 à 2003 (tableau CANSIM 051-0012)
  • Immigrants et RNP selon le groupe d’âge et le sexe, Terre-Neuve-et-Labrador, 1971 à 2003 (tableau CANSIM 051-0011)
  • Émigrants, émigrants de retour et solde de l’émigration temporaire selon le groupe d’âge et le sexe, Terre-Neuve-et-Labrador, 1971 à 2003 (tableau CANSIM 05—0011)

References: 

Statistics Canada, Population and family estimation methods at Statistics Canada, Catalogue no. 91-528, Ottawa, April 2003. 


Statistics Canada, Population projections for Canada, provinces and territories, 2005-2031, Catalogue no. 91-520, Ottawa, December 2006.


Statistics Canada, Report on the demographic situation in Canada 2003-2004, Catalogue no.91-209, Ottawa, June 2006.


Guillemette, Yvan et William B.P. Robson, No Elixir of Youth: Immigration Cannot Keep Canada Young, CD Howe Institute Backgrounder # 96, septembre 2006.