Les antidépresseurs et la stabilité chez les personnes âgées

2005

Date Source: 

Dr. Brian Maki of Sunnybrook and Women’s College Health Sciences Centre, University of Toronto and his co-investigators Barbara Liu, Nicole Mittmann and Nathan Herrmann.

Organizer: 

Alison Gibbs, Department of Statistics, University of Toronto

Contexte:

Les chutes et les fractures de la hanche représentent d’importantes sources de morbidité et de mortalité dans la population gériatrique. Plusieurs études ont identifié les médicaments psychotropes comme facteur de risque à la fois pour les chutes et les fractures de la hanche. Les inhibiteurs spécifiques du recaptage de la sérotonine (ISRS) sont une catégorie relativement nouvelle d’antidépresseurs qui sont devenus la norme dans le traitement de la dépressiongériatrique. Leur efficacité est comparable à celle des anciens antidépresseurs tricycliques; cependant les ISRS auraient des effets secondaires plus béninschez les patients plus âgés. Récemment, toutefois, l’expert principal a publiéle premier essai à grande échelle (n=8 239 cas et 41 195 cas témoins) qui a démontré que l’utilisation d’ISRS est associée à un risque de fracture dela hanche (risque relatif ajusté 2,4, intervalle de confiance 2,0-2,7 de 95 %) similaire à celui des antidépresseurs tricycliques (Liu et al., Lancet 1998). La contribution relative des médicaments (ISRS) et des effets de la maladie (liés à la dépression) au risque de fracture demeure incertaine.
 

Les mesures de posturographie statiques et dynamiques (liées au contrôle du balancement postural et aux réactions d’équilibrage dynamique) s’avèrent être d’utiles prédicteurs cliniques
des chuteschez les sujets plus âgés. Il y a de bonnes raisons de penser que certains ISRS augmentent le balancement chez les sujets déprimés. Dans la présente étude, les effets de deux des ISRS les plus conseillés (sertraline et paroxétine) sur la stabilité posturale de sujets âgés en bonne santé sont évalués et descomparaisons faites avec l’antidépresseur tricyclique le plus recommandé, lanortriptyline. L’étude utilise des mesures d’équilibre dynamiques sensibles, ainsi qu’une gamme de tâches d’équilibre fonctionnelles qui n’avaient pas été évaluées dans les études précédentes des effets des antidépresseurs sur l’équilibre. Cette évaluation des effets pharmacodynamiques sur les sujets ages en bonne santé permettra devrait permettre de distinguer les effets des médicaments des éventuels effets de la maladie dépressive sur le contrôle postural. 

Méthodologie:

Les chercheurs ont étudié quatre groupes de sujets sur la base d’une méthodologie randomisée à double insu avec contrôle parallèle. Un groupe de sujets s’est vu prescrire de la sertraline (25 mg par jour pendant une semaine, puis 50 mg par jour la deuxième semaine), un second groupe de la paroxétine (10 mg par jour, puis 20 mg par jour), un troisième groupe de la nortriptyline (25 mg par jour, puis 50 mg), tandis que le quatrième groupe recevait un placebo (pendant deux semaines). Des volontaires en bonne santé, non déprimés, âgés (plus de 65 ans) ont été recrutés dans la communauté. La méthodologie prévoyait 10 sujets par groupe, mais en raison de problèmes de recrutement et de contraintes de temps, l’échantillon final a été limité à quatre sujets par groupe, plus un cinquième sujet dans l’un des groupes (total n=17). Les sujets ont subi des tests d’équilibre au début de l’étude, puis à la fin des semaines 1 et 2 (soit un total de trois séances de tests). Leurs taux sériques de sertraline et de paroxétine ont été mesurés à la fin des semaines 1 et 2. Les tests d’équilibre ont permis de mesurer : 1) le balancement postural spontané (en position de bout calme non perturbée); 2) la capacité maximum de se pencher en avant, en arrière, vers la gauche et vers la droite; 3) des réactions de balancement provoquées par le movement pseudo-aléatoire d’une plate-forme (antéro-postérieures ou médio-latérales); 4) des réactions rapides de pas en tous sens pour retrouver l’équilibre à la suite de mouvements imprévisibles et transitoires de la plate-forme (plate-forme enmouvement vers l’avant, vers l’arrière, vers la gauche et vers la droite d’ampleur modérée ou plus grande); 5) des réactions rapides de pas vers l’avantet d’agrippement pour retrouver l’équilibre à la suite de mouvements transitoires de la plate-forme; et 6) des réactions rapides volontaires de pas vers l’avant et d’agrippement en réaction à un repère visuel. Les sujets devaient également accomplir des tâches cognitives secondaires pendant une série de tests d’équilibre, afin d’augmenter les contraintes imposées au système nerveux central. A fin d’augmenter ces contraintes davantage encore, ils devaient accomplir certaines tâches en aveugle (les yeux bandés) ou sur une surface élastique (en caoutchouc mousse). Les chercheurs ont mesuré les résultats primaires suivants: 1) déplacement antéro-postérieur et médio-latéral du centre de pression (balancement spontané, angle d’inclinaison maximale ettâches de balancement provoqué), 2) caractéristiques spatio-temporelles du mouvement des membres (tâches avec pas et agrippement) et 3) fréquence relative d’enchaînements de mouvements des membres spécifiques (tâches avec pas en toussens).

Problèmes statistiques:

  • Échantillon de taille réduite.
  • Risque de non-respect du traitement par certains sujets.
  • Très grand nombre de variables (dont certains sont peut-être corrélés dans une plus ou moins grande mesure) disponibles pour caractériser la stabilité posturale.
  • Possibilité d’effets d’apprentissage pour certaines des mesures d’apprentissage.
  • Valeurs manquantes pour certains des tests d’équilibre.
  • Bien que la plupart des mesures d’équilibre soient des variables continues, certaines sont catégoriques. Les variables continues n’ont pas forcément une distribution normale.

Foire aux questions

Vérifiez régulièrement cette section pour d’éventuelles mises à jour.

 

Research Question: 

Objectif:
 

L’objectif principal de l’étude était d’évaluer et decomparer les effets de trois antidépresseurs (sertraline, paroxétine et nortriptyline) sur le contrôle de l’équilibre postural statique et dynamique chez les personnes âgées en bonne santé. Un objectif secondaire était d’identifier la présence d’une relation dose-réaction entre les taux sériques du médicament et les mesures de contrôle postural.
 

Hypothèses:
 

La sertraline et la paroxétine font augmenter les mesures d’instabilité posturale par rapport au placebo. La nortriptyline fait davantage augmenter les mesures d’instabilité posturale que la sertraline et la paroxétine.
 

Durée:
 

Chaque sujet a participé à trois séances de collecte de données de quatre heures, organisées à intervalles hebdomadaires pendant une période de deux semaines.

 

Variables: 


Total de 51 observations (17 sujets x 3 séances par sujet)


Facteurs: 

Groupe de sujets: variable=drug (A, B, C, or D) 
Identificateur du sujet: idsub=1578-1594 
Séance: variable=session (1=base, 2=après une semaine de médicaments, 3=après deux semaines de médicaments)


Co-variantes possibles: 

âge (variable=age) 
sexe (variable=gender) 
taux sérique du médicament (variables=serumA, serumB,serumC, serumD) 
taille du sujet (variable=height) 
masse corporelle (variable=bodymass) 
longueur de la base de support (variable=lbos) 
largeur de la base de support (variable=wbos)
 

Mesures de résultat: Il existe plus de1 500 mesures de résultats possibles pour caractériser la stabilité posturale. Reportez-vous aux Conventions d’affectation des noms pour les variables de résultat.

 

References: 

  • B. Liu, G. Anderson, N. Mittmann, T. To, T. Axcell, and N. Shear (1998) Use of selective serotonin-reuptake inhibitors or tricyclic antidepressants and risk of hip fractures in elderly people. Lancet 351, 1303-7.
  • B. Efron and D. Feldman (1991) Compliance as an explanatory variable in clinical trials. JASA 86, 9-17.